Darfour : l'UNICEF lance un appel pour venir en aide aux populations

Publié le 20 septembre 2005 | Modifié le 31 mars 2016

Depuis plus de deux ans, les milices Janjaweed pourchassent les villageois du Darfour, volent leurs troupeaux, détruisent leurs puits et brûlent leurs maisons. La violence reste une menace permanente et les villageois, qui n'osent pas rentrer chez eux, se sont installés aux abords des zones urbaines ou traversé la frontière pour gagner le Tchad. Alors que l'époque des semailles de cette année s'achève, de nombreux champs n'ont été ni labourés ni plantés. 3,2 millions de personnes sont affectées par la crise au Darfour, dont 1,9 million de personnes déplacées. En dépit des efforts entrepris par la communauté internationale, les besoins les plus élémentaires de la population du Darfour ne sont pas encore satisfaits, tant au Soudan que dans les camps de réfugiés du Tchad. La taille de la population touchée par le conflit a déjà presque doublé depuis juin 2004 et on s'attend à ce que ce chiffre augmente en cette période de soudure et en raison des inondations qui ont isolé les populations. La sécurité, les contraintes saisonnières et les difficultés à atteindre des zones reculées ont empêché une distribution équitable de l'aide, laissant des communautés entières sans assistance. 1,4 million de jeunes de moins de 18 ans et 500 000 enfants de moins de 5 ans sont quotidiennement exposés à la violence, aux abus, à la faim, aux maladies et à l'exploitation. L'UNICEF lance un appel aux dons pour que toutes les victimes et leurs enfants disposent d'un toit et bénéficient d'un accès équitable à l'éducation et aux soins de santé. Secours et abri L'UNICEF, en collaboration avec ses partenaires (OCHA - Office de coordination pour les secours humanitaires des Nations unies, CARE, base de soutien logistique des Nations Unies), achemine des produits non alimentaires prioritaires comme des bâches en plastique, de la corde, du savon, des seaux, des moustiquaires imprégnées, des vêtements, des produits hygiéniques, des couvertures pour bébés et des ustensiles de cuisine. En décembre 2004, 665 000 déplacés ne bénéficiaient d'aucune aide en la matière. Or, ces biens sont les choses les plus essentielles qu'une famille peut posséder. Dans l'urgence, les réfugiés utilisent les rares matériaux disponibles sur place mais ces derniers fournissent une protection insuffisante contre les dures conditions désertiques. Des bâches en plastiques peuvent par exemple leur fournir une meilleure protection. De même, les maladies liées à l'eau peuvent être évitées en fournissant des savons pour se laver les mains et des jerrycans propres. La fourniture de moustiquaires imprégnées peut quant à elle prévenir la propagation du paludisme. Seuls 24% des fonds demandés en 2005 dans ce domaine ont été couverts. L'UNICEF demande 2 millions de dollars supplémentaires pour répondre aux besoins de base en matière de logement et d'hygiène de 40 000 familles déplacées (180 000 personnes) et de familles d'accueil. Santé Au 30 juin 2005, 65% de la population bénéficiait de soins de santé primaires, soit 1,8 million de personnes. L'UNICEF a besoin de 4 millions de dollars supplémentaires pour venir en aide à 374 000 personnes, dont 60 000 enfants de moins de cinq ans, exclus de l'aide et éparpillés dans des zones contrôlées par les rebelles mais aussi dans les zones reculées sous contrôle gouvernemental. Les populations dans les zones sous contrôle des rebelles étaient encore récemment inaccessibles à la communauté humanitaire et sont considérés comme les groupes les plus vulnérables. Les priorités de l'UNICEF dans les six mois à venir sont de :

  • fournir un accès aux soins de santé primaire à 80% de la population touchée par le conflit et améliorer la qualité des soins fournis.
  • protéger les populations vulnérables des maladies transmissibles et intensifier les campagnes de vaccination pour au moins 60% des moins de 1 an.
  • contribuer à la réduction globale de la mortalité infantile en fournissant des soins à au moins 60% des femmes en âge de procréer.
  • vacciner 100 000 enfants de moins de 15 ans Les interventions en matière de santé sont coordonnées par le Ministère de la santé en coopération avec des organisations non gouvernementales internationales et nationales et des agences des Nations unies. Éducation Les écoles sont considérées par l'UNICEF comme des espaces privilégiés permettant aux enfants de se développer, de s'épanouir et de répondre à leur besoin psychosociaux lorsqu'ils ont été traumatisés par la guerre. L'école est un espace d'apprentissage sûr. Cependant, même avant le conflit, les écoles du Darfour étaient surpeuplées. La situation s'est empirée avec l'afflux de personnes déplacées. Dans certains endroits, les écoles ont été utilisées comme refuges. Grâce au soutien de l'UNICEF, près de 1700 écoles temporaires ont été construites et 79 classes ont été restaurées dans les communautés d'accueil. A la fin mai 2005, l'UNICEF avait permis à 263 000 enfants âgés de 6 à 13 ans d'aller à l'école. L'UNICEF demande aujourd'hui 4 millions de dollars pour permettre à 175 000 enfants supplémentaires d'avoir accès à l'éducation. Ces ressources permettront de construire de nouvelles écoles et de restaurer les écoles existantes, de former 1746 enseignants, de fournir du matériel scolaire pour les élèves et pour les salles de classe et de mobiliser la communauté (par exemple en soutenant les associations de parents d'élèves).

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