Dépister le VIH chez les bébés : un enjeu vital

Publié le 30 novembre 2008 | Modifié le 30 décembre 2015

Aujourd’hui, des tests permettent de connaître dès six semaines le statut sérologique des enfants, une information décisive puisqu’un enfant séropositif mis sous traitement avant l’âge d’un an a beaucoup plus de chance de survivre.

Aujourd’hui, des tests permettent de connaître dès six semaines le statut sérologique des enfants, une information décisive puisqu’un enfant séropositif mis sous traitement avant l’âge d’un an a beaucoup plus de chance de survivre.

Ces dernières années le nombre d’enfants de moins de 15 ans sous traitement antirétroviral (ARV) a augmenté très nettement : 75 000 en 2005, 127 000 en 2006, 198 000 en 2007.

Mais le tout début de l’existence est déterminant dans la survie d’un enfant infecté (lire l’encadré). Plusieurs études montrent les bons résultats d’une mise sous traitement précoce : ainsi, on a constaté en Afrique du sud, un recul de 76% de la mortalité chez les enfants qui avaient pu être mis sous traitement dans leur trois premiers mois. En revanche, une autre étude montre que des enfants mis sous traitement tardivement, alors qu’ils étaient déjà sévèrement immunodéficients, n’ont pas pu récupérer des niveaux normaux de leur fonctionnement immunitaire, même après 5 ans de traitement : ils risquent de mourir plus que les enfants mis tôt sous traitement.

Prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant

Le test standard ne permet pas d’identifier le statut de l’enfant durant sa première année (car ce test détecte les anticorps de la mère transmis à l’enfant pendant la grossesse et empêche de se prononcer). Seuls les nouveaux tests le permettent : en 2005, ils étaient pratiqués dans 17 pays à revenus faibles ou moyens, en 2006 dans 23 pays, en 2007 dans 30 pays. Mais bien souvent, ils sont l’exception, même dans ces pays.

Proposer le test au moment des vaccinations de routine

L’Unicef et ses partenaires préconisent que les informations relatives au VIH soient intégrées au carnet de santé de l’enfant (par exemple le statut sérologique de la mère). Le Cameroun, le Malawi, le Rwanda, le Swaziland, la Tanzanie, le Zimbabwe ont fait cette démarche. Des tests précoces sont alors privilégiés pour les enfants nés de mères séropositives. Le test peut par exemple être proposé au moment des vaccinations de routine, une mise sous traitement peut s’ensuivre, y compris sous cotrimoxazole (un traitement qui lutte contre les maladies opportunistes que le sida facilite) ainsi qu’un soutien nutritionnel (le sida fragilise les enfants souffrant de malnutrition).

Des journées dédiées à la santé de l’enfant ont aussi fait leurs preuves, comme en 2007 au Lesotho, où le test a été proposé aux familles pour leurs enfants (et accepté à 100%) : 4 400 enfants avaient alors été testés.

Mais ces efforts supposent d’apporter un soutien aux systèmes de santé et à l’ensemble des activités de lutte contre le sida. Illustration du problème en amont : en 2007, dans les pays à revenus faibles et moyens, seulement 18% des femmes enceintes avaient accès à un test de dépistage du VIH.

L'UNICEF publie également un rapport présentant les avancées obtenues trois ans après le début de sa campagne "Unissons nous pour les enfants contre le sida", avancées concernant l'accès aux traitements pédiatriques, la prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant, la prévention chez les jeunes et la prise en charge des enfants rendus orphelins ou vulnérables à cause de la pandémie.

En savoir plus

Chiffres clés

  • Sans soins ni traitement, environ un tiers des enfants vivant avec le VIH meurent avant leur premier anniversaire,
  • la moitié avant leur 2e anniversaire.
  • En 2007, seulement 8% des enfants nés de femmes séropositives ont été testés avant leurs deux mois.

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