Des écoles pour revivre : mission jeunes au Sri Lanka

Publié le 15 juin 2005 | Modifié le 29 décembre 2015

Les partenaires "Asie du sud : des écoles pour revivre."

Ils sont 9 - Agathe, Alice, Camille, Flavio, Jérémy, Kévin, Laura, Marion et Maxime - et ils ont entre 14 et 16 ans.
Ils ont été sélectionnés pour devenir les ambassadeurs de l'opération "Des écoles pour revivre", lancée après la catastrophe qui a touché l'Asie du Sud-Est en décembre dernier, par la Casden, la Maif, 
la Mgen, Solidarité laïque et l'Unicef. Ils ont été désignés pour, 6 mois après, aller sur le terrain, le Sri Lanka, et évaluer les opérations de reconstruction mises en oeuvre pendant cette période.
Ils nous livrent leurs impressions... 
 

Dimanche 5 et lundi 6 juin 2005

« Nous nous sommes tous retrouvés au siège de l'Unicef à Paris où nous nous sommes racontés les actions que nous avions menées en faveur de l'Asie du Sud-Est et qui nous ont permis d'être sélectionnés pour partir au Sri Lanka. Nous avons visité les locaux. C'est grand et il y a beaucoup de bureaux. On sent qu'il y a du travail et de l'activité ! Les bureaux sont accueillants et lumineux et les murs sont couverts de magnifiques posters aux couleurs du monde. Après la visite du siège de l'Unicef, nous sommes allés passer une bonne nuit à l'hôtel. Le lendemain matin, nous avons assisté à un briefing au siège pendant lequel nous avons écouté différents témoignages sur la situation actuelle du Sri Lanka. En effet, deux personnes qui revenaient de ce pays nous ont donné un avant-goût du voyage qui nous attendait. On a également quelques chiffres qui nous ont marqué : 31000 victimes du tsunami dont 1/3 d'enfants au Sri Lanka, 200 000 personnes déplacées, 150 écoles temporaires. On a également reçu des conseils pratiques avant de partir. Nous sommes ensuite partis à l'aéroport en direction de Dubaï, nous avons eu une belle surprise : rencontre avec Reza, un grand photographe-reporter très connu mondialement et qui a travaillé avec l'Unicef à de nombreuses reprises (reportage avec Serge Moati, notamment). Son parcours professionnel et personnel nous a beaucoup touché. Il a été un militant de la cause humanitaire dès l'âge de 16 ans (il a aujourd'hui 59 ans). Après une escale de 3 heures à Dubaï, nous sommes repartis en direction de Colombo, en passant par Male. A notre arrivée, direction le siège de l'Unicef à Colombo où Ted, le représentant de l'Unicef et Geoffrey, le responsable de la communication, nous ont accueilli et nous ont présenté la situation du Sri Lanka après le tsunami. Nous avons ensuite pris la route en direction de Hambantota. Au cours du trajet, nous avons déjà pu nous rendre compte des ravages du tsunami sur la côte Sud-Est. Après 6 heures de trajet en compagnie de Georgina, qui est venue de Nouvelle-Zélande soulager l'équipe du bureau de l'Unicef pendant un mois, nous sommes arrivés à l'hôtel où nous nous installons... Au programme : dîner, douche... et dodo ! »

Marion et Maxime

Mardi 7 juin 2005

« Magnifique matinée pour commencer notre mission qui s'annonce passionnante ! Premier dépaysement : le petit-déjeuner, abondant et varié. 9 heures 15 : briefing en compagnie du représentant de l'Unicef au Sri Lanka, pour préparer notre journée. Celle-ci commence par une première approche des enfants avec la visite du "Zahira college". Cette école est une école dite "nationale" et compte 1000 élèves. Elle est la plus importante du district. Les élèves, comme les enseignants, étaient très accueillants et souriants. Nous avons eu beaucoup de mal à les quitter, en particulier les petits de maternelle. Nous leur avons donné des dessins faits par des enfants français. Toujours aussi motivés, nous avons fait une rapide visite d'un camp de déplacés. Nous avons pu nous rendre compte de la mobilisation mise en oeuvre. Plusieurs organisations participent activement à la reconstruction. Dans l'urgence, des tentes furent distribuées. Des maisons temporaires faites de bois et de ciment sont actuellement en cours de construction. Nous sommes ensuite repartis en direction d'une seconde école. Danse et musique étaient au programme. Les élèves nous avaient organisé un concert de musique et de danse. Ils ont été formidables ! Pleins de gentillesse et de générosité. Ils nous ont même offert un petit goûter composé de petits gâteaux ainsi qu'un lait de coco servi dans la noix. Nous sommes revenus à l'hôtel, le temps d'un repas. Et nous voici repartis, notre curiosité toujours en éveil. Nous avons fait une halte sur une plage dévastée. Un bateau de 220 tonnes y était échoué. Le tsunami l'avait entraîné sur 500 mètres. Après ce bref arrêt, nous sommes partis visiter un camp de pêcheurs. Nous avons recueilli de nombreux témoignages très émouvants. 353 occupants pour 156 habitations. Le manque d'eau potable et de nourriture se faisait nettement sentir. Puis, nous prenons la direction d'un centre social rempli d'enfants. Des jeux de plein air étaient à leur disposition, ainsi que du matériel provenant des kits récréatifs de l'Unicef. Nous avons passé un agréable moment en jouant au foot et au freez-bee avec eux. Un petit pincement au coeur nous accompagnait lors de notre départ. Sur le chemin du retour, des éléphants étaient tout sagement installés sur le bord de la route. Impressionnant ! Pour clôturer cette journée, nous sommes tranquillement retournés à l'hôtel où nous avons pu reprendre nos forces ! »

Alice et Jérémy

Mercredi 8 juin 2005

« Nous sommes allés dans un camp plus miséreux. C’était vraiment choquant de voir les gens dans ces tentes. Il n’y avait d’ailleurs que des tentes. Nous avons rencontré des moines bouddhistes avec qui nous avons eu du mal à communiquer. Nous avons également exploré le temple avec joie : il y avait des offrandes au pied des statues. Sur un terrain appartenant au monastère se trouvaient des maisons temporaires en bois. Ce qui nous a aussi choqués, c’était de voir une école détruite et, plus loin, une nouvelle école. Ce que nous avons aimé au Sri Lanka, ce sont les habitants, toujours souriants, même après le tsunami. Ça nous a semblé si étrange. Puis nous sommes allés dans un camp où les enfants reprenaient confiance, surtout dans les adultes. Nous avons également joué au foot avec des jeunes : pour leur âge, ils jouaient bien !

Flavio et Kévin

Jeudi 9 juin 2005

« Réveillés par la pluie de la mousson, nous nous sommes rapidement préparés pour retrouver Éric et Sarah qui nous attendaient pour un « briefing ». Il s’agissait de nous présenter un des programmes mis en place par l’Unicef. Assemblées dans un grand carnet à spirales, 10 images représentaient le tsunami, son impact, les moyens mis en place pour réagir en cas de nouvelle alerte (la vie avant et après le tsunami). Ce projet sera présenté dans des camps de déplacés et des centres d’accueil pour les enfants victimes de la catastrophe. Nous avons tout de suite pensé que ces dessins permettraient aux enfants de raconter ce qu’ils avaient vécu, sans pour autant y être obligés.

Accueillis à la sortie du bus par une pluie intense, nous sommes entrés dans un centre d’accueil pour des jeunes filles ayant subi des abus ou ayant perdu leur famille dans le tsunami. Puis nous sommes allés nous baigner dans la mer et, après avoir repris des forces, nous sommes allés visiter un centre social près d’un temple. On voyait les enfants s’amuser jusqu’à ce que leurs parents viennent les chercher après le travail. Tous les enfants avaient le sourire, c’est ce qui était super !

Ensuite, nous avons pris le bus pour nous rendre dans un camp de déplacés. L’Unicef apporte de quoi rendre la vie plus facile aux enfants, notamment en leur faisant faire des activités comme le chant, la danse ou le théâtre. Cela nous a beaucoup touchés de voir que les enfants restaient éveillés aux nombreuses activités. Nous avons pu même assister à une démonstration de chants faite par des enfants entre 4 et 6 ans. Pour les remercier, nous avons improvisé quelques comptines françaises. Le succès ne fut pas énorme, mais nous avons bien ri car le cœur y était !

Quelques kilomètres plus tard, nous nous sommes rendus dans une zone très touchée par le tsunami, où de nombreuses maisons ont subi de graves dégâts. Après une brève visite d’une des seules écoles du district, à proximité de la limite des 100 mètres et où la moitié des élèves n’est pas revenue (car ils ont déménagé ou sont décédés à cause du tsunami), une centaine de mètres plus loin, nous avons découvert avec stupeur les vestiges d’un train ayant subi la violence de la vague. Les parois étaient enfoncées, les fenêtres et les portes détruites. Tout autour, il y avait des maisons dévastées, mais aussi d’autres déjà en reconstruction.

En fin d’après-midi, nous sommes partis visiter un temple bouddhiste qui était à la fois très beau et très grand. Nous avons tous été « baptisés » par un moine bouddhiste. C’était sympathique. Nous avons passé une superbe journée ! »

Agathe, Camille et Laura 

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