Des millions d’enfants sous-alimentés

Publié le 12 novembre 2009 | Modifié le 31 mars 2016

Environ 200 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de croissance dans le monde en développement. En cause, la sous-alimentation chronique de l’enfant et de la mère.
 

Le dernier rapport de l’Unicef sur la nutrition des enfants et des mères est sorti cette semaine, mettant en lumière les progrès réalisés en matière de sous-alimentation. Mais il reste du chemin à parcourir. Plus de 90% des enfants qui connaissent un retard de croissance vivent en Afrique ou en Asie. Un tiers des enfants des pays en développement sont touchés par ce fléau.
« La sous-alimentation vole les forces des enfants et rend beaucoup plus dangereuses les maladies que le corps réussit à vaincre habituellement, explique Ann Veneman, directrice générale de l’Unicef. Plus d’un tiers des enfants qui meurent de pneumonie et d’autres maladies auraient pu survivre s’ils n’avaient pas été sous-alimentés.»

1 000 jours

La sous-alimentation contribue à plus d’un tiers des décès des enfants de moins de 5 ans. Les 1 000 jours entre la conception et le second anniversaire d’un enfant sont les plus critiques dans le développement d’un enfant. Les déficiences nutritives durant cette période peuvent réduire la force de lutter et de survivre aux maladies mais également affecter les capacités sociales et mentales.
« Les enfants qui survivent à la sous-alimentation souffrent souvent d’une santé physique défaillante et de capacités cognitives altérées tout au long de leur vie. Cela limite ensuite leurs capacités à apprendre, avec tout ce que cela suppose de difficultés après pour trouver un travail et une situation sociale à l'abri du besoin, poursuit Ann Veneman. Ils sont ensuite coincés dans un cycle intergénérationnel de maladies et de pauvreté.»

Des campagnes efficaces

Une bonne nouvelle cependant : réduire et même éliminer la sous-alimentation est tout à fait possible. Des progrès ont déjà été enregistrés dans l’accès aux sels iodés et à la vitamine A pour les enfants vivant dans les pays en développement. Cela a contribué à réduire la mortalité infantile. Dans les pays les moins développés du monde, le taux d’enfants de moins de 5 ans recevant des doses essentielles de vitamine A a plus que doublé, de 41 à 88% entre 2000 et 2008.

Toutes les opérations menées par l’Unicef et ses partenaires gouvernementaux ainsi que les ONG peuvent avoir un impact significatif sur la survie de l’enfant. Allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie de l’enfant, alimentation adéquate… Actions et prévention peuvent réduire le taux de mortalité de 19% dans les pays en développement.  En Asie, le taux de retard de croissance a chuté de 44 à 30% entre 1990 et 2008. En Afrique, il est passé de 38 à 34% sur la même période.

« Un engagement global pour la sécurité alimentaire, la nutrition et l’agriculture durable font partie d’un vaste programme qui aidera à combattre les problèmes majeurs soulevés par ce rapport sur la nutrition, conclut Ann Veneman.  Les conséquences seront considérables demain en terme de développement en plus d'être un drame dès aujourd'hui pour les femmes et les enfants que la malnutrition tue ou meurtrit »

 

Découvrez le dernier rapport de l'Unicef sur la nutrition (en anglais)  en cliquant ici.

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