Des progrès pour éliminer le tétanos néonatal

Publié le 30 septembre 2003 | Modifié le 28 décembre 2015

 Ce progrès s’explique en grande partie par l’accélération des mesures prises pour éliminer le tétanos de la mère et le tétanos néonatal dans certains pays dans le cadre d’un partenariat entre des ministères de la santé, l’UNICEF, l’OMS, le FNUAP et d’autres. Leur but est d’éliminer cette maladie d’ici à 2005.
 

« Réduire les décès dus au tétanos néonatal est l’un des moyens les plus simples et les moins coûteux de réduire les taux élevés de mortalité néonatale et infantile dans nombre de pays en développement », a expliqué Carol Bellamy, Directrice générale de l’UNICEF. Le tétanos néonatal, qui a disparu des pays industrialisés dès les années 50, reste une cause majeure de mortalité chez les nourrissons des pays en développement, car il tue 200 000 bébés chaque année et représente 8% de tous les décès néonatals. Contrairement à la variole et à la polio, le tétanos ne peut être totalement éradiqué, car les spores de la maladie peuvent survivre très longtemps en dehors du corps humain, dans le sol, dans les selles d’individus ou d’animaux infectés. La maladie peut se transmettre sans le moindre contact humain. « Cependant, grâce à une vaccination efficace des nourrissons, des enfants en âge scolaire et des femmes à risque et la promotion de méthodes d’accouchements sûres et sans risques sanitaires, les décès dus au tétanos deviendront un problème de santé publique du passé », a souligné Mme Bellamy.

Le tétanos néonatal reste un problème de santé publique dans 57 pays. Trois d’entre eux (le Malawi, la Namibie et le Zimbabwe) rejoindront bientôt la liste des nations qui ont éliminé la maladie. 90% de tous les cas de tétanos néonatal dans le monde surviennent dans 27 pays seulement, dont 18 en Afrique. Les autres pays se trouvent en Asie du Sud Est et au Moyen-Orient. Dans la plupart de ces pays, le tétanos de la mère est également un problème. Il est responsable de 5% de tous les décès maternels, soit 30 000 décès par an. « Le tétanos maternel ou néonatal est fréquent dans les pays pauvres et il affecte principalement les populations qui n’ont pas ou peu accès aux services de santé de base ou à des informations sur l’hygiène. Il faut donc fournir un soutien extérieur pour aider ces pays à élaborer et mettre en place des programmes qui permettront d’atteindre cet objectif. » Ces pays ont établi un partenariat avec l’UNICEF, l’OMS, le FNUAP, les CDC, PATH, Basics et Save the Children afin d’éliminer le tétanos de la mère et néonatal d’ici à 2005. A ce jour, l’Initiative visant à éliminer le tétanos maternel et néonatal a reçu des fonds importants de l’US Fund for UNICEF, du Gouvernement du Japon, d’Exxon Mobil, Ronald McDonald House Charities, de la Fondation Gates et de Becton Dickenson.

« Avec une vaccination efficace et des méthodes d’accouchement sûres, les femmes et les enfants ne devraient plus mourir du tétanos, a fait valoir Mme Bellamy. Mais cela nécessitera une forte volonté politique et des ressources financières afin de traduire nos programmes en actions visant à éliminer cette maladie. »

Le tétanos maternel et néonatal

Le tétanos néonatal est une maladie le plus souvent mortelle. 70 pour cent des bébés qui attrapent cette maladie meurent au cours de leur premier mois d’existence. Il est le résultat d’une hygiène insuffisante lors de l’accouchement : des spores de tétanos contaminent le cordon ombilical au moment où il est coupé ou lorsqu’on le panse après l’accouchement. La maladie survient en général trois jours après la naissance et le nourrisson cesse de téter à cause d’une rigidité des muscles de la mâchoire. Il est ensuite saisi de convulsions douloureuses, tombe dans le coma et finit par mourir.

Le tétanos maternel survient lorsque des spores du tétanos contamine l’accouchée par le biais de blessures ouvertes. Il est lié à des accouchements ayant lieu dans de mauvaises conditions d’hygiène.

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