Des refuges pour les enfants !

Publié le 31 mai 2010 | Modifié le 31 mars 2016

A Parakou, Bénin, reportage auprès d’enfants victimes de la traite et du mariage forcé précoce.

Le frère aîné de Sophie, 13 ans, l'avait promise au mariage. Mais elle a refusé. « Il m'a battue et m'a dit qu'il allait me tuer», raconte Sophie. Elle s'est enfuie, s'est cachée dans les environs du village. Un policier l'a trouvée 3 jours plus tard, fatiguée et effrayée.

Sophie à été emmenée à la Maison Saint-Joseph de Parakou, un refuge pour les enfants victimes de la traite et du mariage forcé précoce qui n'ont pas d'autre endroit où aller. L'établissement, qui se trouve dans la seconde ville du Bénin, est conçu pour accueillir 30 enfants. « La plupart du temps, nous avons 40 enfants. Parfois, il peut y en avoir jusqu'à 70 », explique Sœur Ines Germaine Gomis, qui a participé à la création du refuge en 2006.

Trop souvent, au Bénin, les enfants se trouvent sans protection au sein de leur propre famille ou parmi leurs proches. Malgré les efforts accomplis sur le plan juridique pour empêcher, par exemple, le mariage avant l'âge de 18 ans, il est difficile de mettre cette interdiction en pratique dans les zones rurales. De nombreuses familles perçoivent ces coutumes comme un moyen de soulager la pauvreté. 

Victimes de la traite

Au Bénin, environ un demi-million d'enfants âgés de 5 à 14 ans ne sont pas scolarisés. Certains travaillent dans les mines, sur les marchés ou dans des ateliers. De nombreux enfants se rendent également au Nigéria pour chercher du travail, certains sont victimes de la traite. 5 adolescents sont ainsi récemment arrivés à la Maison Saint-Joseph, en état de choc et désorientés. Ils ont été interceptés alors qu'un trafiquant tentait de les convaincre de se rendre au Nigéria en leur promettant des motocyclettes et de l'argent liquide. En fait, il tentait d'attirer les garçons vers les carrières de pierre où ils se seraient fait exploiter.

Dans ce contexte, des refuges comme la Maison St-Joseph sont d'une importance cruciale pour les enfants béninois. « Habituellement, poursuit Sœur Gomis, les garçons restent à St-Joseph pour à peu près 3 mois. Par contre, les filles sont souvent sous la menace d'un mariage forcé et d'un viol et nous ne pouvons pas les rendre à leurs familles. »

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Sur la traite des enfants au Bénin…

A la suite d'une étude de l'UNICEF menée en 2006 sur la traite des enfants, le Gouvernement du Bénin a adopté une législation rendant illégal le fait de « recruter, transporter, transférer, placer et recevoir » des enfants de moins de 18 ans « en vue de leur exploitation. »

Depuis, avec l'appui de l'Unicef, la sensibilisation à la traite s'est accrue ainsi que la coopération entre les policiers, les autorités locales et le gouvernement. Néanmoins, les trafiquants sont rarement poursuivis. 

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