En Éthiopie, les violences n’épargnent pas les enfants

Publié le 13 avril 2021

Des conflits ethniques en Éthiopie resurgissent  au cours des derniers mois et ont conduit au déplacement de dizaines de milliers de personnes, déracinant des familles et des jeunes. Hayria, 11 ans, fait partie de ces jeunes impactés par les conflits. Elle témoigne de son drame et de sa situation.

« Quand j'ai entendu des coups de feu pour la première fois, je ne pensais pas que c'était quelque chose de grave. Mais les sons ne cessaient de se rapprocher » raconte Hayria qui se souvient du jour où son village a été attaqué, à Bulen, dans la région de Benishangul-Gumuz à l'ouest de l'Éthiopie.

 « Les coups de feu se sont poursuivis toute la nuit. J'étais terrifiée. Je ne pouvais pas m'arrêter de pleurer », se confie la jeune fille.

La famille décide alors de fuir pour se rendre à Chagni, dans la région voisine d'Amhara, à l’ouest du pays qui accueille actuellement environ 49 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays. Hayria fait partie des 20 000 enfants déplacés par la violence à Benishangul-Gumuz en proie à des massacres répétés depuis plusieurs mois. 

Les conditions de vies dans le camp sont désastreuses. Le site est surpeuplé, les abris sont insuffisants. Il est difficile pour les familles de trouver suffisamment de nourriture et les enfants, vulnérables, sont sujets à la violence sexuelle et sexiste.

Comme beaucoup d'autres enfants, la jeune fille a hâte de pouvoir reprendre les cours à l’école et, plus largement, le cours de sa vie : « Je ne sais pas quand je pourrais retourner à l’école et à la maison. Mon école et mes amis me manquent ».

Hayria, dans le camp de déplacés internes dans la région d’Amhara au nord-ouest de l’Éthiopie, après avoir fui les attaques dans son village.

Hayria, dans le camp de déplacés internes dans la région d’Amhara au nord-ouest de l’Éthiopie, après avoir fui les attaques dans son village.

Les enfants ne doivent pas être pris pour cible

La situation se dégrade de plus en plus, dans la région du Tigré et d’Amhara, au nord du pays depuis le début des violences en novembre 2020 opposant le Front de libération des peuples du Tigré aux autorités fédérales d’Ethiopie.  Nous exhortons les parties au conflit à veiller à ce que les enfants soient protégés avant tout.

L’action d’UNICEF sur place

UNICEF se coordonne avec le gouvernement régional d’Amhara pour fournir de l’eau, de la nourriture, des médicaments et d’autres fournitures aux familles déplacées.
Avec le soutien de nos partenaires dont l’USAID, UNICEF a pu installer cinq réservoirs de 10 000 litres d’eau potable près du camp. Celle-ci est régulièrement acheminée par camion.
UNICEF travaille avec des partenaires pour fournir des kits d’hygiène dédiés aux femmes et aux filles.
Dans la région d’Amhara, 7 801 personnes déplacées ont reçu des services de santé essentiels au cours des deux derniers mois.

Près de 19,2 millions de personnes en Éthiopie, dont 11,7 millions d’enfants, ont besoin d'une aide humanitaire.

Faites un don à UNICEF pour venir en aide à ces enfants.