De l'eau pour les familles irakiennes

Publié le 24 juillet 2015 | Modifié le 19 septembre 2017

Pour atteindre un groupe de familles irakiennes réfugiées sur un plateau isolé non desservi en eau, l’équipe de l’UNICEF a trouvé une solution simple mais efficace.

Par Lindsay Mackenzie (Extraits)

Sur un haut plateau près de la ville de Dahuk, dans la région du Kurdistan en Irak, les spécialistes de l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH) de l’UNICEF avaient un dilemme : 25 familles déplacées vivant dans des bâtiments inachevés ne disposaient pas d’accès à l’eau potable.

Tracteur en Irak

Romel Toma conduit son tracteur sur les pentes escarpées qui mènent au hameau de Sijie à Qashafar, dans la région du Kurdistan en Irak. Le tracteur achemine de l’eau potable pour 25 familles dans une zone inaccessible aux camions citernes standards.

Il était impossible de relier ces bâtiments éparpillés au système de distribution d’eau installé beaucoup plus bas. Et les familles ne voulaient pas s’installer dans un camp officiel pour personnes déplacées, qui était approvisionné en eau.

Il semblait que l’unique solution réalisable était de livrer de l’eau par camion, mais la zone s’est avérée inaccessible aux gros véhicules.

Finalement, l’UNICEF a trouvé une solution simple.

« Nous avons utilisé un tracteur », explique Ghassan Madieh, spécialiste WASH de l’UNICEF à Dahuk. « C’était adapté au terrain. »

Fournir de l’eau potable

Grâce à un financement de la Banque de développement allemande KfW et d’autres partenaires, l’UNICEF approvisionne chaque jour 62 000 personnes déplacées en eau potable dans le gouvernorat de Dahuk.
Et la vaste flotte de camions-citernes d’eau comprend désormais un tracteur d’approvisionnement en eau.

Chaque jour, Romel Toma, 22 ans, un jeune homme du village, attache une citerne d’eau de 4 000 litres à son tracteur, remplit la citerne depuis une pompe située à proximité, puis se dirige vers les maisons inachevées sur les pentes abruptes de la montagne. Le tracteur laisse derrière lui des gouttes d’eau en zigzaguant à travers les nids-de-poule et en s’arrêtant pour laisser passer les moutons. Un moulin à vent arc-en-ciel tourne sur son capot.

« Les familles sont contentes quand elles voient arriver le tracteur, » raconte Romel.

En Irak, approvisionner les familles

Hamed, 15 ans, remplit des bassines d’eau sous les yeux de sa famille, devant le bâtiment inachevé où ils sont réfugiés. La famille d’Hamed a été obligée de fuir Sinjar en août 2014 et a dû se réinstaller deux fois avant d’arriver ici.

Hamed, 15 ans, l’aide avec le tuyau.  « Sans cette eau, nous ne pourrions pas vivre ici, » dit-il. « Nous l’utilisons pour tout : boire, nettoyer, nous laver. » Hamed n’est pas allé à l’école depuis plus d’un an. Au lieu de cela, il travaille sur des sites de construction pour aider sa famille à gagner de l’argent. Sur ce plateau, 18 personnes de trois familles différentes partagent deux réservoirs d’eau. Elles ne peuvent se laver qu’une fois par semaine.

« L’eau est bonne et potable, et nous sommes en bonne santé, » dit-il, « mais ça n’est pas suffisant. »

Romel, le conducteur du tracteur, explique que malgré plus de cinq allers-retours à la pompe, parfois il ne peut apporter de l’eau à chacune des 25 familles de cette zone. Dans les implantations sauvages comme celle-ci, tout le monde demande davantage d’eau, ainsi que d’autres services essentiels comme l’éducation, mais pour l’instant un manque de financement limite ces interventions.

Un défi coûteux

En Irak, 27% des personnes déplacées vivent dans des bâtiments inachevés, des implantations sauvages ou d’autres types de refuges, et 8% vivent dans des camps organisés. Il est complexe et coûteux d’atteindre ces familles éparpillées pour leur fournir des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène.

Si les besoins de financement ne sont pas satisfaits, l’approvisionnement limité en eau de Qashafar risque d’être interrompu.

Dans son bureau de Dahuk, Ghassan, le spécialiste WASH de l’UNICEF, explique que faute de nouveaux financements, l’impact sur la prestation de services sera catastrophique.

« Il y aura des eaux usées dans les rues. On verra les personnes utiliser de l’eau non chlorée. L’eau sera disponible en très petites quantités. Cela aura un impact négatif sur la santé, en particulier sur les enfants et les plus vulnérables » explique-t-il.

Pour l’instant, les familles déplacées de Qashafar, comme celle d’Hamed, comptent sur les allers-retours du tracteur de Romel pour remplir les réservoirs d’eau. Chaque jour, le moulin à vent arc-en-ciel tourne dans le vent et le défilé de récipients vient à sa rencontre.

Mais combien de temps pourra-t-il continuer, et que feront les familles s’il ne le peut pas ? Voilà qui demeure incertain.

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