En Italie, UNICEF accompagne des jeunes migrantes exploitées

Publié le 26 juin 2019

En quête d'un avenir meilleur, de nombreuses jeunes filles entreprennent de se rendre en Europe, mais l'absence de voies sûres les met en grand danger.

À 16 ans, Lovette a quitté sa maison au Nigéria pour aller en Europe gagner sa vie. Son voyage a été organisé par un passeur à Lagos qui lui a dit qu’elle devrait payer pour son voyage en « travaillant » (sans préciser comment) en Libye puis en Italie. Quand elle est arrivée en Libye, elle a été arrêtée avec un groupe d’autres migrants qui, comme elle, n’avaient pas de titre de séjour.

Lovette partageait une cellule avec des femmes et des jeunes filles, dans des conditions déplorables. Les gardiens les battaient lorsqu’elles se plaignaient et on ne leur accordait que trois repas par semaine. « Il n’y avait rien à faire, à part dormir et penser à plein de choses », confie Lovette.

« C'EST COMME ÇA QUE JE VAIS MOURIR »

Elle aussi âgée de 16 ans et originaire de la même région au Nigéria, Osarugue raconte une histoire similaire, où on lui a proposé d’aller en Italie à condition qu’elle travaille en échange. Une fois arrivée à Tripoli, en Libye, Osarugue a été baladée de maison en maison – sans qu’on lui explique pourquoi – jusqu’à ce qu’elle soit mise à bord d’un bateau à destination de Lampedusa, en Italie. Elle et plusieurs autres ont été entassés dans la cale sans rien à boire pendant des heures. « C’est comme ça que je vais mourir », se souvient-elle avoir pensé. Heureusement, les garde-côtes italiens les ont secourus après plus de 12 heures passées en mer.

Beaucoup de jeunes filles en provenance d’Afrique de l’ouest n’ont pas à payer d’emblée les passeurs pour se rendre en Libye puis pour traverser la Méditerranée. On dit très souvent aux filles qu’elles rembourseront l’argent plus tard en effectuant des travaux domestiques, mais elles finissent souvent par être forcées à se prostituer en Libye et/ou en Europe. Des médecins italiens, chargés de soigner des migrants et des réfugiés dans certains camps, ont recensé de sordides affaires d’exploitation sexuelle et de viols.

« C'EST HORRIBLE CE QUE CES FILLES ONT VÉCU »

Lorsque l’on s’entretient avec ces jeunes femmes au sujet de ce qu’elles ont vécu pour parvenir jusqu’en Italie, elles sont réticentes à parler, tant le traumatisme physique et moral est à vif. Le docteur Pietro Bartolo et son équipe, qui travaillent à Lampedusa, ont eu à s’occuper de plusieurs jeunes femmes qui sont arrivées enceintes après avoir été violées en Libye. D’autres ont été agressées sexuellement et ont besoin de soins. « C’est horrible ce que ces filles ont vécu », déplore le médecin.

C'est pour éviter que de tels drames se reproduisent qu'UNICEF demande aux gouvernements de mettre en place des voies de circulation sécurisées. En attendant, avec nos partenaires, nous déployons des travailleurs sociaux pour répondre aux besoins de ces jeunes femmes. Nous aidons à réunifier des familles pour faciliter l'accueil et l'hébergement et nous intervenons également dans les pays d'origine pour développer l'éducation, l'accès à la santé et à la nutrition.

Contribuez à protéger ces jeunes filles : faites un don à UNICEF.

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