En Syrie, l’eau et l’hygiène au cœur du conflit

Publié le 11 février 2013 | Modifié le 09 septembre 2015

L’accès de plus en plus difficile à l’eau potable et la dégradation des conditions d’hygiène en Syrie augmente la vulnérabilité des enfants. L'UNICEF agit pour améliorer la situation. 

Déjà victimes d’un long et violent conflit, les enfants syriens doivent désormais faire face à d’autres difficultés. En raison des dommages causés aux installations sanitaires et au défaut d’accès à une hygiène de base depuis presque deux ans, environ deux millions d’enfants sont très exposés aux risques de maladies liées à l’eau et à l’hygiène.
 
Une évaluation conduite par l’UNICEF à l’échelle du pays révèle que dans les zones affectées par le conflit, beaucoup d’habitants ont accès à seulement 25 litres d’eau par jour, au lieu de 75 litres il y a deux ans.
 

Une situation sanitaire préoccupante

 
La production nationale de produits chimiques pour le traitement des eaux a presque cessé à cause du conflit, ce qui augmente le risque de contamination de l’eau du robinet. Les coupures de courant, les pannes de carburant et le manque de maintenance dû à l’insécurité et aux dégâts sur les infrastructures sont les principales raisons du manque d’eau. 
 
Les familles comptent de plus en plus sur l’achat d’eau en provenance des citernes mobiles communautaires. Une eau de qualité douteuse, vendue à des prix beaucoup trop élevés pour les familles les plus vulnérables.
 
Dans les villes concernées, le traitement des eaux usées a diminué de moitié et le ramassage des ordures ménagères est lui aussi perturbé. Dans les écoles et les centres de santé, l’accès à l’eau, aux toilettes et au savon est très faible.
 
La situation est préoccupante pour beaucoup de déplacés vivant dans des abris collectifs, comme les 1 500 écoles qui servent de refuge. Les conditions de vie sont souvent insalubres en raison du manque de sanitaires, de produits d’hygiène et d’accès rationné à l’eau.
 

La réponse et les besoins de l’UNICEF

 
En réponse à cette situation, l’UNICEF vient de démarrer l’acheminement d’un million de litres de chlore « afin de fournir de l’eau potable à plus de 10 millions de personnes, soit près de la moitié de la population, pendant 3 mois », explique Youssouf Abdel-Jelil, le représentant de l’UNICEF en Syrie.
 
Par ailleurs, l’UNICEF a déjà fourni de l’eau potable à plus de 22 000 personnes touchées par le conflit. Du savon et des kits d’hygiène ont été distribués à environ 225 000 personnes dans des zones affectées par le conflit.
 
Pour répondre aux besoins croissants en eau et équipements sanitaires, l’UNICEF a besoin des 16,6 millions d’euros du plan de réponse et d’assistance humanitaire à la Syrie lancé en décembre 2012. D’ici juin, notre organisation prévoit de fournir de l’eau potable, du savon et des kits d’hygiène, ainsi que l’accès à des installations sanitaires à 750 000 personnes.
 
L’UNICEF prévoit aussi de faciliter l’accès à l’eau et aux sanitaires dans les écoles, les salles de classe provisoires et les espaces d’accueil des enfants, sans oublier la réhabilitation des installations sanitaires communautaires. Actuellement, l’UNICEF fait face à un manque de financement de 80% pour ses interventions dans le domaine de l’eau et l’assainissement. 
 

 

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