Oussama, 12 ans, a traversé la Méditerranée : « J’ai cru qu’on allait mourir »

Publié le 05 février 2019 | Modifié le 06 février 2019

Comme de nombreuses familles fuyant la guerre, celle d’Oussama a quitté le Yémen pour se réfugier en Europe. Mais en l’absence de voies sûres, l’enfant et ses proches ont dû affronter de nombreux dangers.

À l’âge de 12 ans, quand des millions d’autres enfants se préparent quotidiennement pour aller au collège, Oussama, lui, a dû fuir son pays, le Yémen. En proie à un conflit sanglant qui occasionne la mort d’un enfant toutes les dix minutes, cet État est actuellement un enfer pour les enfants. C’est la raison pour laquelle les parents d’Oussama ont préféré fuir. Mettre leurs enfants à l’abri était pour eux la seule façon de leur assurer un avenir. Mais en l’absence de voies sûres pour les migrants et les réfugiés, ils ont dû traverser la Méditerranée sur une embarcation de fortune avant d’arriver en Grèce.

Des morts tragiques en cherchant la sécurité

Pour Oussama, le périple maritime qui l’a mené jusqu’en Europe fut un profond traumatisme : « Je pensais que c’était fini, j’ai cru qu’on allait mourir », a-t-il confié aux équipes UNICEF. En dépit de son jeune âge, le garçon avait une conscience aiguë qu’aucun horizon ne s’offrait à lui et à sa famille au Yémen : « Mon avenir là-bas était très incertain, il était impossible d’aller en cours pour devenir médecin, ingénieur ou quoi que ce soit d’autre. » Aujourd’hui à l’abri, il espère pouvoir être docteur un jour.

On estime que, comme Oussama, 23 000 enfants ont traversé la Méditerranée en 2018. La plupart ont fui la guerre, des persécutions ou l’extrême pauvreté avant de se retrouver sur les côtes grecques, italiennes ou espagnoles. Mais beaucoup meurent en mer. Fin janvier 2019, on a déploré la mort et la disparition de 170 personnes après deux naufrages. Parmi ces personnes figuraient des enfants ainsi qu’une femme enceinte. Alors qu’elle tentait de rallier l’île grecque de Samos, une fillette de 9 ans originaire d’Irak est morte noyée, a-t-on appris.

Les États doivent assurer la protection des enfants

C’est pour chacun de ces enfants qu’UNICEF alerte les gouvernements européens : les États doivent mieux protéger les enfants réfugiés et migrants qui tentent de venir en Europe. Leurs droits fondamentaux sont bafoués et leurs vies sont en danger. Avec les températures hivernales, la traversée est d’autant plus dangereuse. « Tous les jours, des enfants risquent leur vie et font face à la dangerosité de la mer en plein hiver dans le but d’être en sécurité et de trouver des opportunités pour construire un meilleur avenir, insiste Afshan Khan, la directrice régionale d’UNICEF pour l’Europe et l’Asie centrale. Une approche régionale empêcherait ces enfants – qui, pour beaucoup, ont déjà souffert d’abus et d’exploitation pendant leurs longs périples – de souffrir encore plus. »

Pour assurer la protection des enfants, nous demandons à ce que les bateaux soient autorisés à débarquer leurs passagers aussi vite que possible. Les enfants doivent pouvoir bénéficier d’un accompagnement sanitaire, psychosocial et juridique. UNICEF propose aux États un plan d'action en six points pour gérer au mieux l'afflux de réfugiés et de migrants tout en respectant les droits des enfants.

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