Enfants soldats : le recrutement est inadmissible !

Publié le 23 février 2010 | Modifié le 31 mars 2016

En République Démocratique du Congo, l’UNICEF appelle à la démobilisation de tous les enfants associés aux forces et groupes armés.

«La place des enfants, filles ou garçons, est dans leur famille, jamais au sein d'un groupe armé, rappelle Pierrette Vu Thi, représentante de l’Unicef en RDC. Tous les enfants, et notamment les filles, associés aux forces et groupes armés sont traumatisés par leur expérience et requièrent une attention toute particulière. Il est essentiel qu'ils retrouvent au plus vite, une vie d'enfant. »

 

Des filles dans les groupes armés

 

Utilisées comme combattantes, mains d'œuvre et esclaves sexuelles, victimes de violences et de viols pendant des mois, voire des années, les filles ne sont que trop rarement libérées par les forces et groupes armés.

A l'est de la RDC, où le recrutement et le re-recrutement des enfants associés aux forces et groupes armés est le plus important, 20% des enfants pris en charge par l'Unicef et ses partenaires sont des jeunes filles. Si en 2009, la démobilisation et la prise en charge des filles dans les programmes menés par l'Unicef et ses partenaires, ont augmenté, les efforts doivent redoubler pour que ces jeunes filles, extrêmement vulnérables, puissent retrouver leur famille, être scolarisées et avoir véritablement une vie d'enfant.

 

Déjà plus de 36 000 enfants libérés

 

Depuis 2004 et le début du programme Désarmement Démobilisation et Réintégration (DDR), les acteurs de la protection de l'enfance ont facilité la sortie et la prise en charge de plus de 36 000 enfants associés aux forces et groupes armés.

En 2009, 5 930 enfants ont été libérés, dont 1 222 filles. La plupart de ces enfants sont sortis des forces et groupes armes à l'est du pays, lors du processus d'intégration rapide des groupes armés dans les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) au début de l'année 2009.

Sur le terrain, il faut identifier les enfants, les faire libérer, les prendre en charge médicalement et leur fournir un soutien psychosocial et scolaire.

 

20 ans de prison pour les « recruteurs »

 

« Les efforts du gouvernement de la RDC doivent être salués, avec l'adoption de la loi du 10 janvier 2009, qui interdit l'utilisation des enfants dans les forces et groupes armés en RDC », souligne l’Unicef en RDC.

La loi prévoit 20 ans de prison contre les « recruteurs ». Mais si cette loi est un pas en avant important, des enfants sont toujours enrôlés dans les rangs des FARDC et des autres groupes armés opérant dans l'est du pays. Toutes les parties au conflit, dont la majorité est actuellement intégrée dans l'armée nationale, sont responsables du recrutement forcé des enfants soldats.