Envoyer tous les enfants haïtiens à l’école

Publié le 26 février 2010 | Modifié le 31 août 2015

Des écoles ont vu le jour sous des tentes à Haïti. Les enfants y parlent déjà d'avenir...

La moitié seulement des enfants étaient scolarisés avant le séisme. Questions à Andrea Berther, responsable éducation pour l’Unicef en Haïti, sur le retour en classe.

 

Les enfants ont-ils repris l’école ?
La rentrée a été fixée au 1er février pour les zones indirectement affectées (c’est-à-dire celles qui n’ont pas subi le séisme mais qui en paient les conséquences, avec l’arrivée de personnes déplacées), mais beaucoup de parents ont eu peur d’envoyer leurs enfants à l’école. La rentrée dans les zones affectées, elle, est fixée à début avril.

 

Quelles sont les différentes étapes de l’aide de l’Unicef dans ce retour à l’école ?
Jusqu’au début du mois d’avril, nous installons en urgence du matériel et des fournitures (l’Unicef a distribué sur une dizaine de départements ruraux accueillant des déplacés 150 tentes scolaires de 72m2, 390 kits « écoles en boîte », 410 kits récréatifs) : 20 sites ont été identifiés, ils bénéficient d’un ensemble de services, l’éducation mais aussi l’eau et l’assainissement (ils sont équipés de citernes et de tout le nécessaire) et le soutien psychosocial (des adultes sont formés à la prise en charge des enfants). Solution d’urgence, les tentes permettent de faire classe à court terme mais malheureusement, avec la saison des pluies, elles seront bientôt inadaptées, c’est pourquoi nous préparons des classes temporaires, en dur, qui peuvent servir jusqu’à 2 à 3 ans. Une deuxième phase, d’avril à août, devrait permettre l’accueil à l’école du plus grand nombre, avec un effort pour rattraper le temps écoulé sans classe, et la prise en charge effective des enfants. Enfin à partir de septembre, troisième phase : c’est le début de l’année scolaire haïtienne. L’Unicef soutiendra la reconstruction d’écoles permanentes. Nous sommes déjà associés aux discussions sur le sujet, avec le gouvernement, la Banque Mondiale et plusieurs autres partenaires et bailleurs.

 

Comment agir sur un monde éducatif qui relève pour l'essentiel du secteur privé ?
En Haïti, près de 90% des établissements sont privés, en effet. En terme d’effectifs, 80% des élèves sont inscrits dans le privé. Mais les responsables du privé sont associés aux discussions de reconstruction avec le gouvernement. Ces discussions visent la restauration et même l’amélioration du système éducatif, et ce pour une population d’élèves plus vaste : ce sont tous les enfants qui doivent aller à l’école dorénavant. Seulement la moitié étaient scolarisés avant le séisme

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