Ethiopie : l'anticipation de la crise a sauvé des centaines de milliers d'enfants

Publié le 27 mars 2012 | Modifié le 31 mars 2016

Dès le début de l’été 2011, l’Unicef a mis en place un dispositif d’urgence dans les quatre pays affectés par les conséquences de la sécheresse, la hausse des prix des denrées alimentaires et l’instabilité politique en Somalie dans la Corne de l’Afrique. Renforcement des équipes sur le terrain, approvisionnement en eau potable et prise en charge de la malnutrition ont fait partie des principales priorités de notre organisation. En Éthiopie, la catastrophe semble avoir été évitée grâce à une mobilisation précoce du personnel humanitaire à travers tout le pays. Témoignage de Ted Chaiban, représentant de l’Unicef en Éthiopie.

Comment l’Unicef a renforcé sa mobilisation face à la crise alimentaire et nutritionnelle de 2011 ?

Pour nous l’urgence a commencé fin 2010. Grâce à tous nos contacts dans le pays, nous avons pu mettre en place des dispositifs adaptés, notamment dans la région Somali (ndlr : à l’est du pays), particulièrement affectée par la sécheresse. Au mois de décembre 2010, nous avons lancé de grandes opérations d’approvisionnement en eau, par camion. En parallèle, nous avons mis sur pied des équipes mobiles pour la réparation des points d'eau. Grâce à elles, plus de 200 puits d’eau déjà existants ont été réhabilités à travers tout le pays, et depuis un an nous en avons construits 13 nouveaux. Ces puits sont indispensables, aussi bien pour préserver la vie des hommes que celle des animaux. Cependant, la construction ou la maintenance de tous ces puits exige un gros travail logistique, car ils vont jusqu’à 200 mètres de profondeur. Malgré ces difficultés, nous avons atteint notre objectif.

À quel moment la prise en charge de la malnutrition et la vaccination se sont-elles trouvées au cœur de l’urgence ?

En Ethiopie, il y a deux systèmes de réponse a l'urgence intégrés dans le système de santé national.  Dans les régions agricoles, il y a un système de postes de santé au niveau des villages qui répond à la malnutrition aiguë sévère et aux maladies infantiles. Ce système bénéficie du support de l'Unicef.  Dans les régions pastorales avec des populations nomades, des équipes mobiles de santé et nutrition sillonnent les zones non couvertes par les postes de santé afin de fournir les mêmes soins. L'Unicef a soutenu la mise en place de ces services sur plus de 10 000 postes de santé et 28 cliniques mobiles opérés par les bureaux régionaux de santé.  Ces postes de santé et ces équipes mobiles ont pris en charge des cas de malnutrition aiguë sévère, dans la cadre du programme éthiopien de santé décentralisé, dès le début de l'urgence en novembre 2010.

Au total, près de 330 000 enfants atteints de malnutrition aiguë sévère ont été pris en charge.   De plus de 440 000 enfants atteints de malnutrition aigue modérée ont été dépistés et traités dans le cadre d'un programme de supplémentation nutritionnelle soutenu conjointement avec le Programme alimentaire mondial (PAM).

Pour les postes de santé dans chaque village, le gouvernement, avec le soutien de l’Unicef, avait commencé par former deux travailleurs communautaires depuis 2008, afin que les enfants malnutris ayant besoin d’une prise en charge puissent être diagnostiqués directement dans leur village, et le plus tôt possible. Ces agents ont notamment été formés à l’utilisation du bracelet brachial, pour détecter les différents cas de malnutrition. Et aujourd’hui, la majorité des villages bénéficient de ce programme de santé.

Nous avons également appuyé une grande campagne de vaccination contre la rougeole et la poliomyélite dès le mois de juillet 2011.  Plus de 7 millions d’enfants ont été vaccinés à ce jour. La vaccination est essentielle lors d’une urgence, car beaucoup d’enfants souffrant de malnutrition sont à très haut risque de mortalité lors des épidémies de rougeole. En parallèle, l’Unicef a aussi été le moteur d’une campagne de sensibilisation sur l’hygiène. Pour être efficaces, nous nous sommes rapprochés des sites religieux et des zones limitrophes de la Somalie, pays où a sévi une grave épidémie de choléra à partir du mois d’août 2011. Grâce à cela, nous avons évité que l’épidémie ne se répande en Éthiopie, malgré quelques cas de diarrhées.

Quel bilan faites-vous de l’urgence qui se poursuit encore dans plusieurs zones de la Corne de l’Afrique ?

En Éthiopie, notre travail a eu un impact positif sur les populations affectées par les conséquences de la sécheresse, une des plus graves qui ait frappé la région depuis 60 ans. Grâce à nos différents programmes d’eau et d’assainissement, de nutrition, et de santé, nous avons évité la catastrophe.  En travaillent étroitement avec le gouvernement et avec les différentes ONG (locales et internationales), nous avons sauvé des centaines des milliers de vies. Désormais, nous poursuivons les programmes mis en place pour l’urgence afin de donner des résultats à plus long terme. Notamment en formant plus de personnel de santé sur le traitement de la malnutrition, mais aussi le paludisme, la pneumonie et la diarrhée. Grâce à leur mobilisation, mais aussi grâce à la générosité des donateurs et au travail des comités nationaux pour l’Unicef, nous pouvons continuer à apporter notre aide aux populations les plus vulnérables du pays.

En savoir plus

En 2012, grâce aux actions de l’Unicef et de ses partenaires en Ethiopie…

Près de 5 millions d’enfants seront vaccinés contre la rougeole.
330 000 enfants seront traités pour la malnutrition aiguë sévère.
Près de 200 000 enfants de moins de 5 ans bénéficieront d’un accès à l’eau  potable.
Les capacités de systèmes de santé durables seront renforcées, notamment dans l’est du pays. Ces systèmes bénéficient à 150 000 enfants actuellement.
 
Pour tout cela, l’Unicef a besoin de près de 44 millions d’euros pour mener à bien ses activités d’urgence dans le pays

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