Ethiopie : lutter contre le paludisme pour éviter une flambée épidémique

Publié le 25 septembre 2007 | Modifié le 31 mars 2016

Des pluies abondantes, une forte augmentation des cas de paludisme et des décès dus à cette infection entre juin et août, ainsi qu’une augmentation généralisée des parasites responsables de la maladie et de son vecteur (le moustique) font craindre une épidémie de paludisme qui pourrait toucher 6 millions d’Ethiopiens durant la haute saison de transmission d’octobre à décembre.

Dans le seul Etat méridional des nations, nationalités et des peuples (SNNPR), 59 332 cas de paludisme ont été enregistrés de juin à juillet, période de l’année où le taux de prévalence est généralement faible.
Durant l’épidémie de 2003, 6,1 millions de cas de paludisme avaient été recensés entre avril et décembre. Entre 45 000 et 114 000 personnes sont mortes du paludisme durant cette période. Des chiffres similaires sont redoutés cette année si une épidémie se déclarait.

L’UNICEF travaille actuellement avec le gouvernement éthiopien en vue d’une distribution rapide de moustiquaires imprégnées. L’objectif est de protéger 6 millions de personnes du paludisme avant la fin de l’année en distribuant 3 millions de moustiquaires imprégnées de septembre à décembre 2005. Pour les cinq années à venir, l’Ethiopie a besoin de 14 millions de moustiquaires supplémentaires pour une protection optimale des familles vulnérables.

En 2005, l’UNICEF a importé 2 815 800 doses de Coartem (nouvelle association de deux médicaments destinée au traitement du paludisme) presque entièrement épuisées à ce jour. Dans la mesure où l’Ethiopie utilise ce médicament coûteux mais efficace pour la première fois depuis son changement de protocole suite à l’épidémie de 2003, l’UNICEF, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Ministère fédéral de la santé ont formé des milliers d’agents de santé à l’utilisation de ce traitement. L’UNICEF a aussi distribué de la quinine pour traiter les enfants et les femmes enceintes infectés et réduire la mortalité parmi les cas sévères. Une étude est en cours pour évaluer l’efficacité de la distribution et de la consommation de ces médicaments.
L’Ethiopie a besoin de 2 millions de doses supplémentaires de Coartem pour garantir une réponse appropriée en cas d’urgence, ce qui représente un coût de 4 millions de dollars. 125 000 dollars sont également nécessaires pour constituer des stocks de quinine visant à traiter les cas sévères. L’UNICEF a également besoin de 3 millions de kits de dépistage pour un coût de 2 millions de dollars afin d’affiner les diagnostics et garantir que le Coartem est utilisé à bon escient. 600 000 dollars sont aussi nécessaires pour couvrir des coûts additionnels engendrés par la mise en place de la campagne de prévention du paludisme par la distribution de moustiquaires imprégnées et la pulvérisation à effet rémanent à l’intérieur des habitations*.
Au total, l’UNICEF a besoin de 6,7 millions de dollars pour répondre à la flambée épidémique en Ethiopie et prendre en charge les enfants malades.
* la pulvérisation à effet rémanent à l’intérieur des habitations peut être définie comme l’application d’un insecticide qui sèche et forme un dépôt cristallin rémanent sur les surfaces pulvérisées (OMS).

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