Excision et mutilations génitales : la lutte continue

Publié le 31 janvier 2013 | Modifié le 20 août 2015

La journée Internationale de lutte contre les mutilations génitales du 6 février est l’occasion de revenir sur un ensemble de pratiques dévastatrices pour la santé des jeunes filles. Partout dans le monde, L’UNICEF travaille à l’éradication de ces actes. 

Il est des pratiques sociales qui méritent de disparaître. Les mutilations génitales sexuelles, parmi lesquelles on classe l’excision, sont de celles-là. Ces interventions, le plus souvent pratiquées sur des jeunes filles entre leur enfance et l'âge de 15 ans, lèsent les organes génitaux externes de la femme. Sans que cela soit justifié par des raisons médicales ou un quelconque avantage pour la santé des victimes.

 

Dans un premier temps, les mutilations génitales peuvent provoquer de graves hémorragies et des problèmes urinaires. Par la suite, on constate des kystes, des infections, des risques de stérilité, des complications lors de l'accouchement et l’accroissement du risque de décès du nouveau-né.

 

Des progrès tangibles

 

Dans les 29 pays qui concentrent l’essentiel des cas, environ 120 millions de jeunes filles et de femmes souffrent des séquelles de mutilations sexuelles. Mais les efforts entrepris par l’UNICEF payent : depuis 2008, environ 10 000 communautés, représentant 8 millions de personnes, ont renoncé à ces pratiques. L’an dernier, un total de 1 775 communautés à travers l’Afrique ont publiquement déclaré leur engagement à mettre fin aux mutilations génitales.

 

Face à ces pratiques qui représentent une violation des droits des femmes, l’UNICEF intervient partout où il est nécessaire. L’UNICEF France finance ainsi intégralement un programme de protection de l’enfance en Egypte à hauteur de 2,21 millions d'euros sur la période 2012-2014, destiné à combattre la violence faite à l’encontre des enfants.

 

L’exemple de l’Egypte

 

Les mutilations génitales sont légions en Egypte : elles touchent 73 % des filles âgées de 15 à 17 ans. Le programme financé par l’UNICEF France intervient à la fois sur le système éducatif et le changement de comportement des populations. L’école primaire est utilisée comme point d’entrée pour créer des liens entre le système éducatif et les services sociaux à l’intérieur des communautés. Parmi les activités menées, on peut noter :

 

- La formation des agents sociaux, des psychologues et de villageois  sur l’identification et la prise en charge des cas de violences.

 

- Le renforcement de la participation des enfants à l’école afin qu’ils deviennent des membres actifs de la prévention des violences.

 

- Le développement d’un partenariat avec les autorités religieuses musulmanes et chrétiennes pour promouvoir les pratiques non violentes à l’encontre des enfants.

 

- Le lancement d’une campagne média publique sur la promotion de comportements protecteurs et non violents.

 

A terme, 1 million d’enfants scolarisés en primaire - soit 15 % du total national - seront couverts par les activités déployées dans 1 200 écoles primaires. 50 000 enfants supplémentaires « hors école » bénéficieront des interventions de l’UNICEF. Et 1 million de ménages sont visés par les actions de communication pour le changement de comportement. Les précédentes actions menées dans ce domaine ont déjà prouvé leur efficacité : le pourcentage des femmes égyptiennes qui se prononcent pour l’arrêt des mutilations génitales a doublé entre 1995 et 2008. 

 

Comme en Egypte, l’UNICEF travaille et obtient des résultats concrets au Mali, en Mauritanie, en Inde et partout où il faut faire reculer les mutilations génitales féminines. La tâche reste immense. 

Résolution historique à l’ONU 

Le 20 décembre 2012, l’Assemblée générale des Nations-unies a adopté cinq résolutions sur la promotion de la femme, dont une, historique, invitant les États à l’élimination des mutilations génitales féminines. Ces résolutions représentent des jalons importants vers un monde plus égalitaire.

 

Les résolutions approuvées hier exhortent les États à condamner toutes les pratiques nocives pour les filles et les femmes, en particulier les mutilations génitales féminines. Les textes impliquent de prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver les victimes de ces pratiques, en faisant appliquer la législation, en sensibilisant les populations et en allouant des ressources suffisantes pour les protéger de cette forme de violence.

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