Fabienne, une experte au service des enfants

Publié le 01 juin 2011 | Modifié le 23 décembre 2015

Connaissances techniques du secteur de l’enfance, vision éclairée du monde politique, convictions inébranlables : c’est tout cela que Fabienne Quiriau met au service de l’Unicef pour défendre les droits de l’enfant en France… Portrait de l’une des rares spécialistes de la question de l’enfance au sens large.

 

 

« J’avais 8 ans. Je me souviens pleurer en voyant des petites filles de mon âge, à Casablanca où j’habitais à l’époque, vivre dans une grande pauvreté, devoir travailler au lieu d’aller à l’école… Je me suis dit ‘Quand je serai grande, je me battrai contre l’injustice’ ». Aujourd’hui elle l’avoue dans un sourire, elle n’avait aucune idée de ce qu’elle mettait alors derrière ce mot, « injustice ». Mais par la suite, tout l’a amenée vers l’enfance…

Après un parcours très riche - études de géographie et de sciences, vacations au CNRS, enseignement, Institut d’Etudes Politiques…- elle devient Attaché Ministériel aux Affaires Sociales, chargé de mission Insertion des personnes handicapées. Elle assiste à la mise en place de la Décentralisation et est très fortement marquée par l’engagement des professionnels de l’enfance, qui s’inquiètent du devenir des enfants et leurs familles dans cette nouvelle réorganisation : « C’était comme si on leur enlevait leur propre enfant ! Ils étaient tellement impliqués… Je ne ressentais pas cette dimension affective dans les autres secteurs. »

 

Se faire le porte-voix des professionnels de l’enfance

 

Dix ans après, elle concrétise la promesse qu’elle s’était faite alors, « aller voir sur le terrain comment ça se passe ». Elle intègre la direction des ressources humaines du Conseil Général de Vendée et y retrouve ces mêmes professionnels de l’enfance : pendant huit ans, puériculteurs, assistants sociaux, médecins, éducateurs etc. vont se succéder dans son bureau, lui confier leurs difficultés, leurs réussites, les obstacles qu’ils rencontrent« J’ai énormément appris en les accompagnant, en leur proposant des solutions, des formations ; ensemble, on a innové, mis en place des actions concrètes. J’ai acquis avec eux une connaissance inestimable de leurs métiers, qui m’a permis ensuite de prendre les bonnes décisions quand je suis devenue ‘Directrice enfance, famille et des solidarités’. »

En 2005, Philippe Bas, alors Ministre de la Famille, lui demande de venir travailler avec lui sur une réforme de la protection de l’enfance. « Je ne voulais pas travailler en cabinet ministériel, mais je me suis dit que je me devais d’être le porte-voix des professionnels de terrain qui s’étaient confiés à moi ». Elle portera le projet de loi, au cœur du cyclone : « Le contexte était délicat avec le projet de loi sur la délinquance juvénile… Deux visions de l’enfance s’affrontaient, et j’étais en première ligne dans ce combat face au staff du ministère de l’intérieur, avec l’enjeu de la campagne électorale en toile de fond… On a réussi à faire adopter la réforme en 2007, une réforme qui prenait en compte les Droits de l’Enfant et mettait l’intérêt de l’enfant au cœur des dispositions. Je n’en reviens toujours pas, c’est inouï ! »

 

L’Unicef : un engagement personnel

 

Par la suite, elle accepte l’invitation de l’Unicef France à participer à ses commissions « Enfance en France », dont elle devient la présidente - toujours en tant que bénévole : « Mon métier, c’est  Directrice générale de la CNAPE, la Convention Nationale des Associations de Protection de l'Enfant, mais j’ai besoin également de porter cette cause autrement, à titre plus personnel, et de manière plus militante ! »

Elle accompagne l’Unicef France sur les questions de l’enfance en France : dans le cadre des projets de loi du gouvernement par exemple, elle est toujours aux côtés de notre Président aux auditions au Parlement et dans les Ministères, pour défendre une certaine vision de l’enfance. Elle se fait également porte-parole expert auprès des médias… L’une des forces de Fabienne, c’est en effet de parler tous les langages des spécialistes des secteurs concernés par l’enfance – santé, précarité, justice, éducation… - et de pouvoir « faire le lien » : avec le grand public, les politiques, et avec toujours en tête le dénominateur commun : l’enfant.

« En ce moment ? On se bat pour une réforme de la justice des mineurs qui traitera les enfants comme des enfants, et non comme des adultes… Là aussi, le combat n’est pas de tout repos, mais on n’a pas dit notre dernier mot ! »
 

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