Fondation Clinton : les coûts de dépistage et de traitements du sida vont enfin baisser

Publié le 17 janvier 2006 | Modifié le 06 juillet 2015

La Fondation Clinton a annoncé hier qu'elle était parvenue à des accords impliquant une baisse des prix de certains tests de dépistage du VIH/sida et de deux médicaments de seconde ligne. Une étape vitale pour les malades des pays pauvres.

Quatre laboratoires pharmaceutiques – Chembio Diagnostic (US), Orgenics (Israel), Qualpro Diagnostics (Inde) et Shangaï Kehua (Chine) proposeront des tests de dépistage rapide pour un montant allant de 0,49 à 0,65 dollar par test. Les coûts de dépistage diminueront ainsi de 50% dans certains pays.

Cipla (Inde), Ranbaxy (Inde), Strides Arcolab (Inde) et Aspen Pharmacare (Afrique du sud), proposeront l’ARV Efavirenz (réalisé sur la base de molécules actives issus des laboratoires Matrix) à 240 dollars par patient et par année. Cipla proposera quant à lui l’ARV Abacavir pour un montant de 447 dollars. Ces prix sont de 30% inférieurs à ceux du marché. Ces produits à tarifs négociés seront mis à disposition de la Fondation Clinton dont le domaine d’intervention s’étend à 50 pays.

« L’action de ces compagnies représente un grand pas en avant dans la lutte contre VIH/Sida », a déclaré le Président Clinton. Avec plus d’un million de personnes sous traitement dans les pays en voie de développement et des millions d’autres qui en ont besoin, nous devons faire en sorte que les médicaments soient accessibles au plus grand nombre. En outre, la réussite du travail de prévention et l’efficacité des traitements sont liées à l’étendue des dépistages réalisés. Des tests moins chers permettront d’étendre les services de dépistage au plus grand nombre.

Plus de 90% des 40 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde ne savent pas qu’elles sont infectées par la maladie. Afin de remplir les objectifs de traitement, les pays en voie de développement auront besoin de conduire au moins 200 millions de tests dans les quatre prochaines années.

Le prix annuel des médicaments de première ligne est en moyenne de 136 dollars. Cependant, lorsque les patients deviennent résistants aux trithérapies de première ligne, il est nécessaire d’utiliser des combinaisons d’ARV de seconde ligne, lesquels coûtent, en Afrique, au moins 10 fois plus cher que les traitements de première ligne. Pour les pays à revenus intermédiaires, les coûts des médicaments de seconde ligne sont 4 à 5 fois plus élevés qu’en Afrique.

Les accords conclu pour l’Efavirenz et l’Abacavir représentent une première étape dans les efforts de la Fondation Clinton pour réduire les coûts des ARV de seconde ligne. D’autres accords sont en cours de négociation et la Fondation a formulé l’espoir qu’ils aboutissent en 2006.

La fondation Clinton a lancé en 2003 son programme de lutte contre le sida en Afrique et dans les Caraïbes, avec pour objectif de soigner 2 millions de personnes d'ici à 2008. Elle travaille en partenariat avec des institutions publiques internationaleset des institutions privées. La fondation propose aux pays un " package ", contenant des médicaments et une expertise pour mettre en place la distribution la plus efficace et la plus large possible. Les Etats doivent assumer l'achat des antirétroviraux, mais à des prix défiant toute concurrence. La fondation Clinton mobilise, grâce à sa notoriété, les financements privés et publics au bénéfice des gouvernements qui participent à son programme. Ainsi, la fondation Clinton fournit une assistance technique et s'efforce de changer les paramètres économiques de la prise en charge du SIDA dans les pays pauvres. L'assistance technique consiste également à aider les gouvernements à préparer des demandes de financements adressées au FMI ou à la Banque mondiale.

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