Fonds mondial contre le SIDA : un financement insuffisant

Publié le 14 septembre 2005 | Modifié le 06 juillet 2015

Le Fonds mondial fournit environ 55% des fonds externes actuels pour la lutte contre la tuberculose, 40% de ceux pour le paludisme et 20 à 25% de ceux pour le VIH/sida. Pour renverser l'épidémie, l'Onusida estime qu'il faudra 15 milliards de dollars en 2006, 18 milliards en 2007 et au moins 22 milliards par année à compter de 2008.

Un des objectifs de développement du Millénaire est de stopper, d’ici à 2015, la propagation du VIH/sida, de maîtriser le paludisme et d’autres grandes maladies. Afin d’augmenter considérablement les ressources visant à lutter contre trois des maladies les plus dévastatrices du monde, les dirigeants du G8 ont créé le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme lors du Sommet de 2001.

En tant que partenariat entre gouvernements, société civile, secteur privé et communautés affectées, le Fonds mondial constitue une approche novatrice de financement international de santé. Cependant, les efforts consentis par la communauté internationale sont encore insuffisants au regard à la fois de la progression de la pandémie (4,9 millions de personnes nouvellement infectées par le VIH au cours de l’année 2004 dans le monde, incidence la plus élevée jamais enregistrée depuis le début de l’épidémie), des besoins de financement du Fonds mondial et des engagements pris lors du sommet du G8 de Gleneagles de parvenir, d’ici 2010, à un accès aux traitement pour tous ceux qui en ont besoin.

Les 5 et 6 septembre dernier a eu lieu à Londres la conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. Cette conférence visait à mobiliser les sommes dont prévoit avoir besoin le Fonds mondial : 2,9 milliards de dollars en 2006 (plus 0,4 milliards pour combler le manque à gagner anticipé pour 2005) ainsi que 4,2 milliards de dollars en 2007, soit 7,5 milliards au total. Ces fonds sont requis pour renouveler des projets biennaux et amorcer une nouvelle ronde de financement en 2006 et deux autres en 2007. Cependant, les 29 donateurs internationaux n’ont promis qu’un total de 3,7 milliards de dollars au Fonds mondial pour 2006 et 2007, à savoir la moitié du total des ressources financières dont le Fonds mondial a besoin pour les deux années à venir. Comme l'a souligné Peter Piot, directeur exécutif d'Onusida, les engagements pris « couvrent la deuxième phase des programmes que le Fonds mondial a commencé à financer, mais laissent peu de place pour lancer de nouveaux projets ».

Les participants ont tenu à souligner que l'augmentation du volume des contributions au Fonds mondial devait s'accompagner d'une amélioration de la coordination entre les donateurs internationaux et bilatéraux, et d'un apport d'assistance technique suffisant pour que les fonds soient dûment dépensés. La France est le premier contributeur au Fonds mondial. Elle a apporté 150 millions d’euros en 2004 et en 2005 et a annoncé le 6 septembre à Londres le montant exact des contributions françaises en 2006 et 2007 : 525 millions d’euros sur les deux prochaines années, soit 640 millions de dollars. Cependant, le Congrès américain pourrait accroître l'engagement des Etats-Unis au-delà des 600 millions de dollars actuellement annoncés, ce qui ferait de ce pays le premier contributeur au Fonds mondial. Toutefois, les 600 millions de dollars promis par les Etats-Unis ne représentent que 23 % de leur « fair share » (contribution qu’un pays devrait apporter calculée sur la base de son PNB).

Soutenir nos actions