Gaza : pour un accès total de l'aide humanitaire !

Publié le 26 janvier 2010 | Modifié le 31 août 2015

Plus d’un an après l’offensive israélienne à Gaza, de nombreuses familles souffrent toujours. Elles manquent d’eau, d’électricité et le blocus qui dure depuis 2006 empêche le matériel humanitaire (matériel de soins et d’assainissement, livres scolaires…) d’arriver sur place. Le point avec Abdel-Rahman Ghandour, porte-parole de l’Unicef pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Quels effets aujourd’hui à Gaza de l’offensive israélienne de décembre 2008?

Les effets de cette opération sont encore très visibles malgré les 4,5 millions de dollars promis par la communauté internationale lors de la conférence de Charm el Cheikh. Il y a encore des ruines !

Aujourd’hui, 20 000 personnes sont toujours déplacées. 40 000 vivent sans électricité. Pour le reste de la population, à Gaza, l’électricité est fournie au compte-goutte, à raison de 8 heures par jour, 4 jours par semaine selon les quartiers.

De plus, 8 000 personnes n’ont toujours pas accès à l’eau courante. Et les eaux usées posent problème : elles sont encore déversées sans traitement dans la mer !

Et l’accès à l’aide humanitaire ?

L’accès humanitaire sur place reste restreint ici. Pourtant, il y a toujours besoin d’aide alimentaire ! Nos dernières études montrent que 97% des usines sont encore fermées à Gaza, 40% des personnes en âge de travailler sont toujours sans emploi.
Nous appelons donc à un  accès complet et total du matériel humanitaire ! Nous lançons cet appel à toutes les parties, pour soutenir les enfants qui sont toujours les victimes dans ces conflits…

Comment pouvez-vous pour l’instant aider les enfants sur le terrain ?

Nous coordonnons l’action de nombreuses ONG sur place pour aider les enfants sur un plan psycho-social. 11 000 enfants sont aujourd’hui concernés par ces programmes. Nous formons également du personnel à cette aide psycho-sociale.
Nous accueillons les enfants vulnérables dans 20 centres familiaux d’accueil.
Nous travaillons avec l’ONG Save the children pour la protection sociale et développons des activités récréatives dans un environnement protecteur.

Quelles actions menez-vous dans le domaine de l’éducation ?

Nous avons travaillé pour développer le concept des écoles amies des enfants (lien hypertexte) dans 60 établissements de Gaza. Et nous avons formé les enseignants de 60 écoles maternelles.

L’Unicef soutient aussi 26  centres pour les adolescents, les « adolescent learning friendly centres ». Les ados y apprennent de nouvelles compétences, nous leur offrons un soutien, ils peuvent se parler entre eux et évacuer leur stress dans des espaces sûrs…11 500 enfants vulnérables sont concernés par ce programme. La moitié sont des filles. C’est un projet qui se poursuivra en 2010 avec des partenariats.

Aujourd’hui, Gaza fait face à un problème très sérieux : beaucoup d’écoles ne sont pas réparées, les élèves suivent les cours par roulement : les uns le matin, les autres l’après-midi… Ces problèmes se répercutent sur tous les âges : 45% des élèves échouent en arabe et en maths à l’équivalent du bac ici. Ce sont des chiffres surprenants ! Surtout lorsque l’on sait qu’avant, les élèves de Gaza étaient parmi les plus performants des pays arabes.

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