Grèce : point sur la situation des enfants touchés par l'incendie du camp de Moria

Publié le 15 septembre 2020

Note d'information du Palais de Genève sur la situation des enfants touchés par l'incendie du camp de Moria à Lesbos, et la réponse d'UNICEF. Déclaration de Luciano Calestini, représentant d'UNICEF en Grèce, lors d'une conférence de presse d'aujourd'hui au Palais des Nations à Genève, en provenance de l'île de Lesbos.

Genève, le 15 septembre 2020 -  Il y a certainement des efforts substantiels en cours menés par le gouvernement grec sur la nouvelle installation temporaire mise en place, à quelques kilomètres du centre d'enregistrement et d'identification (RIC) de Moria, qui a été détruit.

Le ministre de la migration et de l'asile, M. Mitarakis, est sur place et s'attend à ce que 8 000 places soient disponibles dans le courant de la journée. Il est convaincu que le nouveau centre peut accueillir jusqu'à 12 000 personnes en quelques jours - ce qui, en principe, pourrait accueillir toute la population de la Moria. Un grand nombre d'organisations, dont UNICEF, le HCR, l'OIM, ainsi que des acteurs internationaux et locaux tels que Médecins du Monde (MDM), MSF, ILIAKTIDA et bien d'autres, soutiennent les efforts menés par l'État grec 24 heures sur 24. C'est un soulagement qu'au sixième jour de cet événement tragique, nous soyons déjà parvenus à trouver une solution provisoire.
 
Nous restons toutefois préoccupés par le fait que seules 800 personnes, dont des familles et des enfants, ont accepté d'être accueillies dans la nouvelle installation temporaire. Des membres de la communauté et des partenaires humanitaires ont signalé la circulation de fausses informations et de rumeurs décourageant un déménagement vers le nouveau site. Il faudra pour cela diffuser des messages clairs, cohérents et transparents qui encouragent les gens à venir sur le site en tant que lieu central pour obtenir des services.

Encore quelque 430 enfants non accompagnés sur d'autres îles grecques

Les 406 enfants non accompagnés identifiés précédemment, qui avaient été hébergés dans le CIR de Moria, ont été immédiatement hébergés dans un centre d'UNICEF et transférés à Thessalonique dans les 24 heures suivant l'incendie, sous la coordination du secrétaire spécial pour les mineurs non accompagnés et de l'OIM. Nous nous réjouissons également de l'engagement pris par les États membres de l'UE d'inclure ces 406 enfants dans l'initiative de réinstallation en cours et nous nous félicitons de l'accélération des efforts.

Trente-cinq autres enfants non accompagnés ou séparés nouvellement identifiés se sont maintenant manifestés, et nous nous efforçons soit de les réunir avec leur famille, soit de veiller à ce qu'ils soient immédiatement relogés dans des lieux d'hébergement appropriés. Nous ne devons pas non plus perdre de vue le fait qu'il y a encore quelque 430 enfants non accompagnés sur d'autres îles grecques, dont Samos et Chios, qui devraient également être inclus dans tout plan de relocalisation immédiate.

Malgré ces efforts, plus de 3 000 enfants restent à Lesbos et n'ont toujours pas de logement approprié ni d'accès aux services de base.

Cet événement tragique doit accélérer la mise en place d'une solution durable pour tous

L'espoir immédiat est que ce nuage noir puisse avoir des effets positifs, tels que non seulement les conditions s'améliorent de façon spectaculaire pour les réfugiés, les migrants et les demandeurs d'asile, mais aussi que cet événement tragique accélère la mise en place d'une solution durable pour tous.

UNICEF est prêt à faire en sorte que les 3 800 enfants touchés qui restent sur l'île puissent bénéficier d'une aide psychosociale et autre immédiate. Et très rapidement, qu'ils puissent apprendre. Auparavant, seule une fraction des enfants était touchée, et il est essentiel de veiller à ce que tous les enfants apprennent pendant qu'ils restent sur les îles grecques, tout en exhortant les parties prenantes concernées à profiter de cette dynamique pour trouver des solutions à long terme, notamment un transfert sur le continent.

Nous espérons et croyons que le prochain pacte européen sur les migrations fournira l'occasion de transformer ce besoin urgent en actions concrètes.