Haïti : 1 an d’actions concrètes pour les enfants

Publié le 06 janvier 2011 | Modifié le 31 août 2015

Le 12 janvier dernier, 35 secondes ont suffi pour faire basculer Haïti dans l’horreur. Les maisons se sont écroulées et les écoles ont été détruites. Au total, 220 000 personnes sont décédées et 750 000 enfants ont directement été affectés. Immédiatement, l’Unicef a mis sur pied une énorme logistique pour venir en aide aux victimes. Retour sur le travail qui a été accompli et sur ce qu’il reste à faire dans les différents secteurs d’intervention.

 

 

Aujourd’hui, plus d’1 million de personnes vivent encore dans des camps de fortune. Parmi elles, 38 % sont des enfants. Les conditions de vie sont très difficiles et ne répondent pas aux besoins des enfants en matière de santé, d’éducation, de protection, d’accès à l’eau potable et à l’hygiène et de nutrition. La tempête tropicale Tomas, et surtout l'épidémie du choléra, survenue fin octobre, ont compliqué le travail des humanitaires. Enfin, l’insécurité est montée d’un cran lors de l’élection présidentielle, fin novembre, créant une difficulté supplémentaire. Malgré tous ces obstacles, et bien qu’il reste beaucoup à faire, de nombreux projets ont déjà été réalisés par les équipes de l’Unicef et ses partenaires.

 

Eau, assainissement et hygiène

 

Grâce au travail réalisé avant le séisme, l’Unicef a été capable d’assurer l’accès à l’eau potable aux victimes de la catastrophe. Avant le 12 janvier, seulement 19 % de la population bénéficiaient de sanitaires dignes de ce nom, alors qu’en 1990, ce pourcentage atteignait 29 % de la population.

Au plus fort de l’urgence, l’Unicef et ses partenaires ont fourni en moyenne, chaque jour, 8,3 millions de litres d’eau potable à 680 000 personnes. Dès le mois de mai, les efforts se sont concentrés sur des solutions durables comme l’installation de réseaux d’eau potable dans les zones les plus enclavées. À terme, ces réseaux devraient profiter à 130 000 personnes vivant dans les bidonvilles.

Par ailleurs, 11 300 latrines installées par l’Unicef sont utilisées par 800 000 personnes. Pour promouvoir le plus largement les bienfaits de l’hygiène, la sensibilisation passe aussi par l’école où les enfants apprennent les bons gestes à adopter.

 

Education

 

Avant le 12 janvier, 1 enfant sur 2 allait à l’école. Au total, 5000 écoles ont été détruites ou endommagées par le séisme. Au lendemain de la catastrophe, l’Unicef s’est fixé un double objectif : faire en sorte que les enfants scolarisés avant le séisme y retournent très vite, et permettre l’accès à une éducation de qualité à ceux qui n’avaient jamais été scolarisés.

Afin que les enfants haïtiens ne soient pas pénalisés dans leur scolarité, l’Unicef et ses partenaires ont tout mis en œuvre pour que l’école reprenne au plus vite. Juste après le séisme, dans la phase d’urgence, il a fallu plusieurs semaines pour mettre sur pied des écoles semi-temporaires. 1600 tentes ont été installées dès le mois d’avril, pour tenir lieu de salles de classes et 600 écoles ont rouvert leurs portes. A plus long terme, l’Unicef vise à favoriser l’accès à l’école de tous les enfants haïtiens. Dans un premier temps, il s’agit de scolariser 720 000 enfants et de former 15 000 enseignants dans 2000 écoles.

 

Protection de l’enfant

 

1,2 million d’enfants haïtiens étaient déjà très vulnérables. Vivant dans des zones enclavées, confrontés aux risques de violence ou d’exploitation, leur situation était très difficile. Après le séisme, l’Unicef et ses partenaires ont permis d’enregistrer et de réunir ceux qui avaient été séparés de leurs familles. En installant 369 « espaces amis des enfants », l’Unicef  a pris en charge 94 800 enfants.

Un an après le séisme, les enfants d’Haïti sont toujours très fragiles. Aujourd’hui, une prise  de conscience semble s’opérer sur la question de leurs droits. L’Unicef pose actuellement les bases sur lesquelles devra s’appuyer un état responsable et investi dans la protection des enfants qui vivent sur son territoire. Notamment à travers des réseaux de travailleurs sociaux, l’Unicef développe des structures solides qui permettront à ce projet d’aboutir.

 

Santé

 

Haïti est le pays où les taux de mortalité materno-infantiles sont les plus élevés de la région des Caraïbes. En matière de santé, un réel effort de prévention a été accompli dans les zones affectées par le séisme. Le choléra est apparu dans un secteur qui n’avait pas été touché par le tremblement de terre, montrant l’ampleur de la tâche sur le terrain : le séisme n’a fait qu’aggraver une situation déjà extrêmement précaire.

Entre janvier et octobre 2010, l’Unicef et ses partenaires ont vacciné près de 2 millions d’enfants contre 6 maladies évitables (rougeole, diphtérie, polio, rubéole, tétanos, coqueluche). L’Unicef va mettre en place des vaccinations de routine au niveau national afin d’atteindre les communes les plus reculées où moins d’1 enfant sur 2 est immunisé contre ces maladies. 

 

Nutrition

 

Après le tremblement de terre, la malnutrition ne s’est pas aggravée en Haïti, notamment grâce aux efforts des acteurs humanitaires. L’Unicef a atteint 102 000 enfants et 48 900 mères en matière de prévention nutritionnelle et 11 250 enfants souffrant de malnutrition sévère ont reçu un traitement. Mais la question de la malnutrition reste l’un des grands défis à relever pour la santé des enfants haïtiens : 1 enfant sur 3 est atteint de malnutrition chronique. En apportant son soutien au Ministère de la Santé, l’Unicef participe au développement d’un protocole national pour lutter contre la malnutrition infantile.

Grâce aux donateurs, l’Unicef va poursuivre en 2011 ses programmes en Haïti, dans tous les domaines prioritaires pour les enfants et leurs familles : eau, hygiène et assainissement, santé, éducation, protection. En parallèle, il s’agit de maintenir ce qui a été réalisé en 2010, en ne laissant aucun enfant sur le bord de la route.

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