Haïti : des sms sous les décombres

Publié le 19 janvier 2010 | Modifié le 29 décembre 2015

Des personnes qui font leur toilette dans la rue, d’autres coincées sous les décombres et qui envoient des sms à leurs proches…Tamar Hahn, porte-parole de l’Unicef, nous livre un second témoignage sur la situation dramatique à Haïti.

Port-au-Prince, 17 janvier 2010. « Durant l’après-midi, je suis sortie avec notre responsable de l’eau et l’assainissement pour évaluer les efforts faits en matière de distribution d’eau qui ont commencé hier. Les Haïtiens ne dorment plus dans leurs maisons. Même ceux dont le logement a été épargné ont dressé des tentes dans les rues, en utilisant les bouts de tissus disponibles. Ils peuplent les quelques cours et squares de la ville, y compris la cour de la maison du premier ministre, devenue un camp spontané.

Ceux qui ne sont pas dans les cours ont pris place dans les rues, ils dorment à même le sol. »

Se laver dans la rue

« Il n’y a pas de toilettes et j’ai vu des femmes nues s’agenouiller dans la rue pour se laver dans des mares d’eau. Sans toilettes disponibles, les gens font leurs besoins sur les trottoirs. Des déchets s’entassent partout et lorsque la nuit arrive sur Port-au-Prince, ces milliers de personnes s’entassent dans le noir complet.

Lorsque nous avons atteint la résidence du Premier ministre, un réservoir de 5 000 litres fournissait 1 000 personnes en eau potable. Les gens faisaient la file et attendaient patiemment leur tour, des bidons à la main. Juste derrière eux, une longue file s’est aussi formée pour obtenir des kits d’hygiènes distribués par l’USAid.

Quatre petites filles sont venues nous dire bonjour. Lorsque je leur ai demandé comment elles allaient, elles ont souri et ont répondu que ça allait. Stania, une jeune fille de17 ans, les a entendues. « Tout va bien ? Que voulez-vous dire par « tout va bien » ? Rien ne va, c’est terrible et nous ne pouvons pas rester comme ça plus longtemps ! »

 

L’Unicef frappé

« Il est bon de voir que l’aide commence à atteindre les gens, malgré les conditions très dures dans lesquelles ils vivent. Je suis retourné à l’endroit où l’Unicef organise ses actions depuis la destruction de son bureau en Haïti. J’y ai appris que le fils de l’un des chauffeurs était mort de ses blessures dues au séisme. C’est le troisième enfant que perd cet Haïtien. Sa fille et un autre de ses fis ont été tués lorsque leur maison s’est effondrée.

La tragédie de ce séisme a affecté tout le monde, y compris le personnel de l’Unicef sur le terrain. Plusieurs d’entre eux ont perdu toutes leurs affaires et n’ont plus que les quelques vêtements qu’ils portaient sur eux au moment du tremblement de terre. Tout le monde est fatigué et traumatisé, chacun a peur d’être seul. Tout le monde s’inquiète des répliques du séisme qui se font encore sentir quotidiennement.
La chargée d’éducation de l’Unicef campe sur le ruines de la Minustah depuis 5 jours, attendant  que son mari soit sorti des décombres. Il est vivant et lui a envoyé des sms mais n’a pas encore été secouru pour l’instant. »

Lire la première partie de ce témoignage en cliquant ici :  Haïti : « les corps s’entassent »

 

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