Haïti : des zones rurales en danger

Publié le 01 mars 2010 | Modifié le 04 janvier 2016

En six semaines, 500 000 personnes se sont réfugiées dans les zones rurales, quittant les villes ravagées par le séisme. Ces familles ont besoin d’aide.

Marie-France Exilien a trouvé refuge près de Léogane, à une heure de route de la capitale haïtienne. Il y a six semaines, elle vivait au centre ville de Port-au-Prince, dans le quartier Delmas. Elle travaillait au secrétariat d’Etat pour l’alphabétisation. Le 12 janvier dernier, le séisme a bouleversé sa vie. Miraculée, elle s’est mise à la recherche d’un logement pour elle, son mari et leurs quatre enfants. Marie-France a trouvé refuge dans cette zone rurale près de Léogane, d’où sa famille est originaire. Elle fait aujourd’hui partie des 500 000 Haïtiens déplacés dans les parties rurales du pays.
 

Pression sur les ressources

Ces déplacements de population au sein du pays pèsent sur les ressources des zones accueillant les sinistrés. Des zones dans lesquelles l’accès à toute une série de services essentiels est limité : soins de santé, éducation, nutrition, eau potable.
Avant le séisme, seulement 17% de la population avait ainsi accès à des sources sûres d’eau potable. L’Unicef œuvre pour la mise en place d’un système d’eau potable à travers le pays.

Dans ces zones rurales, la distribution d’eau potable reste un véritable défi. De nombreuses routes sont infranchissables et dans de nombreux cas, les familles arrivant ou revenant dans les zones rurales installent des abris temporaires sur les coteaux. Avec l’arrivée des déplacés, les services existants qui étaient déjà fragiles, subissent encore plus de pression.

Marie France et sa famille dorment aujourd’hui dans une tente faite de draps et de bâtons. Ils avaient d’abord construit leur abri sous un cocotier pour être à l’ombre, jusqu’à ce que les noix de coco commencent à dégringoler de l’arbre. Maintenant, ils vivent à découvert, sous le soleil. « Nous n’allons dans l’abri que pour dormir », explique la mère de famille.

Si les familles déplacées dans les zones rurales comme celle de Marie-France ne sont pas aidées rapidement, ces 500 000 personnes risquent d’essayer de retourner chez elles. Mais à Port-au-Prince s’entassent déjà trop de sinistrés pour trop peu de ressources. Il faut aujourd’hui aider ces déplacés dans les zones rurales, prévenir la détérioration des capacités locales et réduire les besoins humanitaires. Ils pourront ainsi retourner chez eux sans précipitation lorsque les services de base seront mis en place pour eux.

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