Haïti : éviter les départs illégaux d’enfants

Publié le 20 janvier 2010 | Modifié le 29 décembre 2015

Depuis Haïti, Tamar Hahn, porte-parole de l’Unicef, complète quotidiennement son journal de bord et nous raconte aujourd’hui les mesures prises sur place pour protéger les enfants.

19 janvier 2010. « Aujourd’hui, nous sommes sortis pour essayer d’établir la situation des enfants séparés et isolés qui vont être pris en charge dans des centres provisoires installés par l’Unicef. C’est une tâche qui prend beaucoup de temps alors qu’il faut déjà des heures pour traverser la ville. (…) Dans ces centres, 900 enfants qui se sont retrouvés tous seuls, isolés au milieu de cette urgence seront abrités, nourris et pris en charge.

Le premier endroit où nous sommes allés maintenant que les centres provisoires ont été mis en place est la tente-hôpital. Nous y avions rencontré  Sean et « Baby girl ». J’y suis retournée  avec une chargée de protection de l’enfant de l’Unicef, Nadine Perault, pour amener dans le centre provisoire ces deux enfants ainsi que Sandie, 9 ans, et Medoshe, 6 ans. »

Son premier sourire

« Mais les médecins nous ont prévenu que Sean et Medoshe n’étaient pas prêts à quitter l’hôpital, leurs blessures n’étant pas suffisamment soignées. Ils risquent une infection. Sean et Sandie sont vite devenus amis. Nous avons senti qu’il serait cruel de les séparer et nous avons donc décidé qu’il serait mieux de les emmener tous les deux en même temps au centre.

Une femme dont le fils de 15 ans se reposait près de « Baby girl » est devenue la mère de substitution de la fillette isolée. Elle la nourrit, la berce, la chatouille. « Baby girl » a souri pour la première fois depuis son arrivée.

Jusqu’à ce qu’ils soient tous prêts à quitter l’hôpital, les enfants sont tous ensemble à un bout de la tente. Près de la zone de repos des médecins et des infirmières. Cela permet au personnel médical de garder un œil sur eux en permanence. Plusieurs personnes ont en effet tenté de sortir des enfants du pays ces derniers jours. »

Adoptions illégales

« L’adoption illégale était un sujet de préoccupation ici avant le séisme. Dans le chaos qui a suivi, c’est un sujet encore plus important. Beaucoup d’enfants ont en effet été emmenés hors du pays sans que la procédure légale soit respectée.

Alors que l’adoption peut être à terme une option viable pour des enfants qui ont perdu leurs parents, il est raisonnable de penser que sept jours après le séisme, de nombreuses personnes sont encore en train de chercher leurs enfants ou les enfants de leurs proches. Pour éviter les départs illégaux d’enfants, l’Unicef a déployé deux agents spécialisés pour contrôler les papiers à l’aéroport.»

 

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