Haïti : l’UNICEF mobilise des moyens d’urgence contre le choléra

Publié le 25 octobre 2010 | Modifié le 28 décembre 2015

Pour contenir l’épidémie de choléra qui s’est abattue sur la région de l’Artibonite, à 70 km au nord de Port-au-Prince, l’Unicef prend des mesures d’urgence. En effet, si l’épidémie parvenait jusqu’aux camps de la capitale haïtienne, les milliers de sinistrés du séisme du 12 janvier en seraient les premières victimes.

 

L’épidémie a déjà fait 259 morts et 3342 personnes ont été affectées. D’après le personnel humanitaire sur place, la maladie provient de la rivière de l’Artibonite, elle-même contaminée, bien que l’on ne connaisse pas encore sa véritable origine. De plus, c’est dans ce fleuve que 150 000 personnes puisent de l’eau pour leurs activités quotidiennes, risquant de propager davantage la maladie !

Les personnes atteintes souffrent de très sévères diarrhées, de nausées et de douleurs abdominales. Il faut faire particulièrement attention aux enfants de moins de 5 ans, qui sont les plus vulnérables dans des situations de crise comme celles-ci. En effet, ils se déshydratent très vite  et doivent être rapidement amenés à l’hôpital dès que ces symptômes se déclarent. Leur survie ne tient qu’à quelques heures seulement. D’ailleurs, l’un des problèmes majeurs que rencontre l’Unicef face à l’épidémie, c’est que « très souvent, les populations affectées ne connaissent pas la maladie et ne se rendent pas à l’hôpital à temps », déplore le Docteur Jean-Claude Mubalama, chef de santé rattaché à l’Unicef, sur place.

L’hôpital Saint-Marc, à une centaine de kilomètres de Port-au-Prince, le principal hôpital de la région de l’Artibonite, est débordé. Les cas à traiter y sont si nombreux que certains patients sont soignés à même le sol, d’autres attendent des heures dans l’angoisse. Pour éviter la propagation de la maladie, les médecins gardent les malades à l’hôpital, ce qui complique leur travail.

 

L’action de l’Unicef

 

Sur le terrain, l’Unicef et ses partenaires ont déjà distribué  400 000 sachets de sels de réhydratation, 500 kilos de comprimés chlorés, 19200 savons en barre, 2500 kits d’hygiène, 2500 jerricans démontables et 50 000 tablettes de purification de l'eau, mais aussi des antibiotiques, des tentes et des couvertures.
 
Pour lutter contre la maladie, les gestes élémentaires à adopter sont expliqués : manger des aliments bien cuits, se laver les mains avec du savon avant de prendre ses repas et après avoir utilisé les latrines et boire de l’eau traitée ou bouillie. Cela a l’air simple, mais ces actions font partie des mesures efficaces pour éviter que la maladie ne prenne une ampleur catastrophique.

Pour le département de l'Artibonite, la situation d'urgence est déclarée et le niveau d'alerte reste élevé dans tout le pays. A Port-au-Prince, 5 cas de choléra ont déjà été recensés.

Cette urgence rend plus délicate l’organisation de l’aide humanitaire, dix mois à peine après le séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier. 300 000 personnes y ont perdu la vie et 1,3 million de sinistrés vivent toujours dans des camps spontanés. Enfin, la région de l’Artibonite avait récemment été victime d’inondations, ce qui pourrait rendre encore plus difficiles les efforts déployés pour contenir la maladie.

Soutenir nos actions