Haïti : la situation neuf mois après le séisme

Publié le 13 octobre 2010 | Modifié le 30 décembre 2015

Le 12 janvier dernier à 16h53, la vie des Haïtiens a basculé dans l’horreur. Le séisme a fait près de 3 millions de victimes. Rien qu’à Port-au-Prince, la capitale, près d’1,5 million de personnes se sont brusquement retrouvées à la rue.  L’Unicef s’est  immédiatement mobilisé pour venir au secours des sinistrés, en particulier des enfants, plus vulnérables que jamais.

 

 

Neuf mois après le séisme qui a frappé Haïti, 1,3 million de personnes vivent toujours dans des camps. Les deux millions de personnes affectées directement ou indirectement par la catastrophe sont encore loin d’avoir retrouvé la normalité à laquelle ils aspirent. Parmi elles, 800 000 enfants dont l’Unicef a fait une priorité. Sur le terrain, une assistance d’urgence immédiate, dans le secteur de la santé, de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement leur a été apportée.

La violence du séisme a été telle que parmi ces 800 000 enfants, plus de la moitié sont encore extrêmement vulnérables : leur bien être et leur sécurité sont très fragiles. Ce sont surtout les enfants non accompagnés, ceux qui ont été séparés de leurs familles suite à la catastrophe, qui préoccupent l’Unicef. En effet, ils vivent sous la menace du trafic d’enfants, du viol, de la transmission du VIH/Sida, de sévices, etc.

Les stigmates du tremblement de terre sont toujours là et seul un infime pourcentage des décombres a, à ce jour, été dégagé, le plus souvent avec des moyens dérisoires. Pour remettre le pays sur pied, l’Unicef a décidé de placer les enfants et les jeunes au cœur de ses actions. Afin de les aider à regagner confiance en eux-mêmes et en l’avenir, l’Unicef les encourage à prendre part aux projets de reconstruction.

Les défis de l’Unicef

Dans la plupart des cas, les enfants qui ont survécu au séisme ont été traumatisés par ce qu’ils ont vu pendant et après la catastrophe. Non seulement, ils ont  perdu des parents, des proches, des camarades d’école, mais en plus leurs maisons ont été détruites. Alors, pour redonner à ces enfants les repères dont ils ont besoin, l’Unicef appuie son action sur cinq thèmes majeurs : l’éducation, la protection de l’enfance, la nutrition, l’eau –l’hygiène et l’assainissement- et la santé. Durant les deux prochaines années, l’Unicef va travailler sur ces problématiques, à travers des objectifs définis.

Pour l’éducation, l’Unicef veut permettre un accès équitable à une éducation de qualité à tous les enfants, y compris ceux qui n’allaient pas à l’école avant le séisme. En ce qui concerne la protection de l’enfance, l’Unicef soutient une volonté politique qui renforce l’environnement protecteur des enfants, l’école en faisant partie. Avec la rentrée du 4 octobre, 2000 tentes ont été transformées en écoles temporaires, et d’ici la fin du mois de novembre, 200 d’entre elles deviendront des écoles semi-permanentes. Pour répondre concrètement aux besoins, du matériel scolaire pour élèves et enseignants a été distribué à 720 000 enfants et 15 000 enseignants.

Concernant la nutrition, les projets de lutte contre la sous-nutrition chronique se concentreront davantage sur les femmes enceintes et les enfants jusqu’à 24 mois. Pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement, l’Unicef va multiplier les installations sanitaires dont le manque criant impactait directement la santé de la population haïtienne jusqu’à présent.

Enfin, le système de santé, jusque-là centralisé et dominé par le secteur privé, n’était pas capable de répondre efficacement lors de catastrophes humanitaires. Par conséquent, l’Unicef met tout en œuvre pour réhabiliter et reconstruire un système national de santé décentralisé, accessible à tous. Aujourd’hui, grâce aux campagnes de vaccination d’urgence, plus d’1 million d’enfants et de jeunes de moins de 20 ans ont été vaccinés contre les maladies évitables : diphtérie, tétanos, coqueluche, rougeole, rubéole et polio. Enfin, l’Unicef soutient le rétablissement des services de vaccination de routine, avec une attention particulière aux endroits les plus reculés.

D’après le plan d’action du gouvernement haïtien actuel,  il faudra une dizaine d’années pour voir la reconstruction et la réalisation de projets devenir une réalité en Haïti.

En savoir plus

L'Unicef place l'éducation au coeur de ses priorités

 

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Le financement de la reconstruction :

 

L'Unicef avait évalué le montant total des financements à apporter au cours des deux prochaines années pour couvrir son action humanitaire et ses programmes liés à la reconstruction à 250 millions d'euros.
 
Fin juin 2010, l'Unicef a reçu un montant total de 187,6 millions d'euros pour mener des actions jusqu'en décembre 2011. 

Dans les 187,6 millions d'euros comptabilisés,  8,5 millions d'euros de l'Unicef France sur les 10 millions que l'Unicef France a collecté jusqu'à présent.

Les médias en parlent !
 

Le reportage de Grégory Philipps en Haïti avec Lilian Thuram

Lilian Thuram était l'invité de Nicolas Poincaré le 18/10/2010

 
 
Article d'Anne-Cécile Juillet dans l'édition du 18/10/2010

Le Docteur Margarette tient un centre de santé maternelle dans le quartier Martissant, l'un des plus difficiles de Port-au-Prince. Elle travaille beaucoup sur les questions de santé liées aux femmes. Elle répond à Grégory Philipps (France Info).

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