Haïti : ramener les enfants à l’école !

Publié le 22 février 2010 | Modifié le 31 août 2015

Selon les estimations actuelles, jusqu’à 2,9 millions d’enfants pourraient être privés d’école depuis le séisme à Haïti. L’Unicef installe des salles de classe provisoires à Port-au-Prince et dans d’autres zones affectées. En attendant la reconstruction « en mieux » des écoles détruites.

Premier jour d’école pour Yolanda, 9 ans, dans une école sous tente de l’Unicef. «J’aime dessiner, chanter et jouer avec mes amis, explique la fillette. Je suis trop contente aujourd’hui». Yolanda a perdu sa maison et son école lors du séisme.

Elle vient de la région de Jacquot, dans les environs de Port-au-Prince, une zone difficile à atteindre. La communauté est au sommet d’une montagne accessible uniquement par des routes escarpées. Il est même difficile de s’y poser en hélicoptère. L’Unicef a malgré tout réussi à y apporter des tentes pour y installer des écoles temporaires. 300 enfants participent  aujourd’hui aux cours dans ces tentes.

 

90% des écoles détruites

 

Avec le ministère haïtien de l’éducation, l’Unicef est en train d’installer 150 écoles sous tentes pour les enfants affectés par le séisme en Haïti. Avec pour objectif que tous les enfants retournent à l’école avant avril. Un défi de taille. Environ 90% des écoles de la zone de Port-au-Prince ont été endommagées ou détruites. 40% dans la ville de Jacmel.  En tout, on estime que près de 5 000 écoles pourraient avoir été détruites, le système éducatif d'Haïti a quasiment cessé de fonctionner dans les zones sinistrées. 

Certaines écoles attendent aujourd’hui un feu vert des experts en bâtiments pour rouvrir : les enfants ne doivent pas y être en danger, d’autant que la saison des cyclones approche.

En attendant les réparations ou la sécurisation des établissements, les cours se déroulent donc dans ces tentes. « Ces espaces temporaires seront utilisés jusqu’à ce que les écoles soient reconstruites, explique Andrea Berther, chargé de l’éducation à l’Unicef. L’Unicef et le ministère travaillent également à identifier et former rapidement du personnel enseignant. »

L’Unicef a aussi commencé la distribution de 390 kits « écoles dans la boîte » et de 410 kits récréatifs dans 10 départements ruraux où les familles affectées se sont refugiées. Chaque « école dans la boîte » fournit des cahiers d’exercices, des stylos, des crayons et d’autres fournitures à 40 enfants.

 

Retour à la normalité…et mieux !

 

Le retour à l’école donne aux enfants une impression de sécurité et de normalité retrouvées en ces temps de chaos et de crise.

L’Unicef veut « reconstruire en mieux » pour les jeunes haïtiens. Dans le secteur de l’éducation, cela signifie qu’il faut que chaque enfant haïtien puisse bientôt aller à l’école, dans un pays où les taux d’inscription et de fréquentation étaient très bas avant le séisme.

Le système éducatif à Haïti connaissait des difficultés structurelles : selon certaines estimations, 55% des enfants en âge d’aller à l’école n’y allaient pas avant le séisme. Mauvaises infrastructures, prédominance du privé dans lesquels les programmes ne sont pas forcément suivis, manque de matériel…  Il y a donc beaucoup à faire.

Quant à Yolanda, elle continue de dessiner et d’écrire sur son cahier. Son instituteur, Paul, a remarqué que l’ouverture de ces classes temporaires sous tentes a aidé à redonner confiance aux enfants et aux parents. Confiance en un avenir meilleur à Haïti.

 

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