Inde : vers des latrines pour chaque famille ?

Publié le 22 mars 2010 | Modifié le 24 juin 2015

Le village de Pata Laudi fait figure de précurseur en Inde : depuis quelques mois, chaque famille y possède ses propres toilettes. Une avancée fondamentale pour éviter les maladies mortelles liées à l’insalubrité de l’eau. Reportage dans ce village, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, ce lundi 22 mars.

Avant, à Pata Laudi, petit village de montagne dans le district de Koraput,  les habitants faisaient leurs besoins à ciel ouvert. « Ils se rendaient près du ruisseau, qui était la seule source d’eau du village, explique Gangi Abudu, une villageoise engagée. Conséquence : de nombreuses personnes âgées et de nombreux enfants mouraient chaque année de maladies liées à l’insalubrité de l’eau. » Aujourd’hui, cette pratique dangereuse n’est plus d’actualité. Chaque ménage du village dispose de toilettes individuelles.

Tout a commencé il y a un an. Gangi se souvient. « Lorsque les représentant de la mission pour l’eau et l’assainissement du district de Koraput ont visité le village, ils ont trouvé qu’il était difficile de convaincre les gens de construire des latrines près des maisons. Ces autorités ont fourni 45 dollars pour la construction de chaque latrine. (…) Ce n’est qu’après six mois d’échanges continus avec les villageois autour des bénéfices à tirer de ces latrines individuelles et sur les effets dangereux de la défécation à ciel ouvert, qu’une avancée a été possible. »

 

Gangi, première engagée

 

Si Gangi Abudu raconte aussi bien ce projet, c’est qu’elle est l’une des femmes investies dans la construction des latrines. Ses efforts ont aidé à changer les comportements dans son district. Elle a été la première villageoise à construire des toilettes près de sa maison. Les familles ont ensuite suivi son exemple avec l’aide des autorités et de l’Unicef.

Mais cela ne s’est pas fait en un jour. « Il a été difficile d’amener les matériaux  comme le ciment, les briques, les toilettes jusqu’au village, raconte Gangi. Le terrain est difficile et de nombreux villageois ne savaient pas comment construire des toilettes… » Ils ont appris à monter des murs de briques. « La plupart d’entre eux n’avait jamais fait de maçonnerie. Le dur labeur des villageois et le soutien de tous les partenaires a rendu tout cela possible. »

Dans les communes voisines, les habitants ont vu les progrès accomplis à Pata Laudi. Ils ont même parfois voulu dépasser le village précurseur. Ces autres villageois construisent ainsi des toits pour leurs latrines… Et cela sans aide de la mission pour l’eau et l’assainissement du district. Un premier pas vers le développement des latrines individuelles dans tout le district de Koraput ? Dans ce district, selon les autorités, la construction des latrines individuelles concerne aujourd’hui 37% des ménages, contre 5 % en 2002.

Défécation à ciel ouvert

 

En Asie du Sud, 44% des personnes font leurs besoins à ciel ouvert.

Pour en savoir plus sur l’évolution et les dangers de cette pratique, lisez notre article : « Défécation à ciel ouvert : quelles avancées ? »

A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, lisez aussi notre zoom sur la Guinée : « Mes enfants n’ont plus de diarrhées »
 

Soutenir nos actions