Inondations en Haïti : des zones encore inaccessibles

Publié le 08 septembre 2008 | Modifié le 31 août 2015

Par hélicoptère, les secours de l’Unicef arrivent auprès des victimes des inondations causées par la succession de tempêtes tropicales. Questions à Louis-Etienne Vigneault, de notre bureau d’Haïti.

Quelle est la situation après le passage du cyclone Ike ?

Plusieurs zones sont encore inaccessibles. Des routes sont coupées, des régions sont sous les eaux. Les secours ont surtout été faits par hélicoptères ou par bateaux dans la zone de Gonaïves, qui a été la plus durement touchée. Les contraintes logistiques nous retardent et limitent les quantités de secours délivrés. A présent, heureusement, les pluies ont cessé et l’eau commence juste à se retirer, ce qui va permettre d’intervenir avec des véhicules légers. Mais la saison des cyclones est loin d’être terminée.

Qu’est-ce que l’Unicef a pu distribuer ?

De l’eau potable, des comprimés de purification pour l’eau, du sel de réhydratation orale, des kits d’hygiène, des couvertures, ainsi que du matériel pour la réhabilitation rapide des maisons (des pelles, par exemple, et tout ce qui peut permettre de réparer en urgence les dégâts domestiques). Nous avions du matériel pré positionné, ce qui nous a permis d’intervenir rapidement. Nous attendons un avion cargo en milieu de semaine pour distribuer de l’aide supplémentaire et réapprovisionner les stocks de matériel.

Quelles seront les conséquences à plus long terme ?

Les déplacés sont pour la plupart dans des bâtiments publics, comme des écoles. La rentrée scolaire, prévue pour le 7 septembre, a été repoussée d’un mois. D’autre part, sur le plan alimentaire, Haïti traversait déjà une crise, avec une forte hausse du prix des denrées ces derniers mois : la catastrophe ne va rien arranger. Les Haïtiens sont très pauvres et l’on s’attend à voir grimper les taux de malnutrition chronique et aiguë. En outre, cette pauvreté accrue va conduire les familles à faire des sacrifices dans le budget du ménage, ce qui pourrait par exemple favoriser l’abandon scolaire.

4 tempêtes tropicales en moins de 3 semaines

Le pays est-il habitué à ce genre de catastrophes ?

La particularité de cette année tient à la succession de quatre tempêtes tropicales en moins de trois semaines. Ike, qui est passée le week-end dernier, a été particulièrement violente. Mais c’est surtout cet enchaînement qui est responsable d’inondations et d’une situation où l’assistance n’a pas eu le temps de se déployer.

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