Interview de Careel de Roy, Représentant de l'UNICEF en Russie

Publié le 26 décembre 2005 | Modifié le 31 août 2015

«L'action de l'UNICEF à Beslan est à replacer dans un contexte régional marqué par la problématique tchétchène»

Quelle a été la réaction de l’UNICEF face au drame de Beslan ?

Immédiatement après la tragédie, l’UNICEF a fourni une aide médicale importante aux hôpitaux de la région dans lesquels les victimes ont été accueillies: 20 tonnes de médicaments ont été fournies. L’UNICEF a par la suite distribué des fournitures scolaires aux six écoles de Beslan afin qu’elles puissent accueillir les enfants survivants de l’école numéro 1. L’UNICEF a aussi participé à l’équipement de deux nouvelles écoles devant accueillir 600 enfants chacune, dont ceux de l’école numéro 1. Un autre volet important de l’action de l’UNICEF est le soutien psychosocial apporté aux enfants. L’UNICEF travaille avec le Ministère de l’éducation d’Ossétie du Nord et le centre de réadaptation psychosociale de Vladikavkaz pour soutenir les parents et les enfants touchés par la tragédie.

Comment l’action de l’UNICEF s’inscrit-elle dans la problématique régionale qui entoure le drame de Beslan ?

La priorité de l’UNICEF aujourd’hui est de promouvoir la paix et la tolérance entre les communautés du Nord Caucase. 25 groupes composés d’enfants de cinq Républiques du Nord Caucase (Tchétchénie, Daghestan, Ingouchie, Kabardino-Balkarie, Ossétie du Nord) sont par exemple partis cet été ensemble en colonies de vacances. L’UNICEF est en outre particulièrement sensible à la problématique tchétchène. En dix ans de guerre, toute une génération d’enfants n’a pas connu autre chose que la violence.

Quelle est l’aide apportée par l’UNICEF aux besoins spécifiques des enfants tchétchènes ?

Les enfants tchétchènes ont besoin de soins médicaux mais aussi, à long terme, d’apprendre à vivre dans la paix. La priorité de l’UNICEF est la sensibilisation des enfants tchétchènes au problème posé par les mines antipersonnel. Progressivement, l’UNICEF est parvenu à faire baisser le nombre d’accidents. Une aide est également fournie aux victimes en vue de leur récupération physique et psychologique. Un autre volet de l’intervention concerne le maintien à l’école des enfants tchétchènes déplacés. L’UNICEF fournit à cet égard des livres et du matériel scolaire. Des programmes de vaccination sont également mis en place. L’UNICEF fournit chaque jour en Tchétchénie de l’eau potable à 100 000 personnes et procède à la réhabilitation ou la construction d’infrastructures sanitaires.

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