«J’aimerais avoir assez d’argent pour continuer l’école»

Publié le 26 juillet 2009 | Modifié le 31 août 2015

La pauvreté à Gaza pousse de plus en plus d’enfants palestiniens à travailler pour subvenir aux besoins de leurs familles. Ils désertent les bancs de l’école pour de petits boulots.

La pauvreté à Gaza pousse de plus en plus d’enfants palestiniens à travailler pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Nael Hasan al-Lada’ a 12 ans. Il travaille depuis cet été dans un atelier de carrosserie automobile. S’il fait ses preuves à ce poste, il ne rejoindra pas ses camarades de classe en septembre. Malgré les horaires contraignants et le danger de travailler avec de grosses machines, Nael est considéré comme un chanceux à Gaza. «Je veux aider mon père», explique-t-il. Son père est au chômage depuis plusieurs années. Avant, il travaillait en Israël. Nael a sept frères et sœurs, il doit aider ses parents à subvenir à leurs besoins, au détriment de son éducation. «Je suis bon à l’école, souligne-t-il. J’aimerais avoir assez d’argent pour continuer à y aller». Le jeune garçon rêve d’étudier au Caire. Mais, pour l’instant, son quotidien, c’est la carrosserie automobile.

5 dollars par semaine pour toute la famille

Le nombre d’enfants confrontés à la même situation que Nael augmente à Gaza et dans le reste des territoires palestiniens. Pourtant, le travail des moins de 15 ans y est interdit. Les frontières de Gaza restant globalement fermées et la circulation des biens étant toujours très restreinte, les Palestiniens ont du mal à reconstruire leurs vies. Selon un rapport publié en juin par le comité international de la Croix rouge (CICR), le taux de chômage à Gaza atteint 44%. Aujourd’hui, plus de 70% des habitants vivent dans la pauvreté, avec un revenu de moins de 250 dollars par mois pour une famille pouvant compter jusqu’à 9 membres.
Nael gagne, quant à lui, 5 dollars par semaine à l’atelier de carrosserie. Ce n’est pas suffisant pour nourrir les siens. Mais sa réussite à ce poste est le seul espoir de sa famille.

Toutes ces difficultés économiques ont évidemment des conséquences sur la société palestinienne. Si les taux d’alphabétisation pour les fillettes et les petits garçons sont parmi les plus élevés du monde arabe, les taux de scolarisation et de réussites scolaires sont en baisse depuis quelques années. En 2008 par exemple, seuls 20% des 16 000 élèves finissant l’école primaire à Gaza ont réussi les tests en Arabe, Anglais, mathématiques et science. Ils étaient 50% à réussir à Nablus et Jenin, en Cisjordanie.
 

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