Jacques Hintzy, à Banda Aceh, en Indonésie

Publié le 19 janvier 2005 | Modifié le 05 janvier 2016

«C'est une vision d'apocalypse sur des kilomètres et des kilomètres», Jacques Hintzy, président de l'UNICEF France, de Banda Aceh.

"A Banda Aceh, la moitié de la ville est intacte, l'autre moitié a été anéantie. C'est une vision d'apocalypse sur des kilomètres et des kilomètres. » C’est avec ces mots que Jacques Hintzy, président de l’UNICEF France, s’est exprimé hier, depuis Banda Aceh, capitale de la province d’Aceh, en Indonésie.

C’est le Nord de l’île de Sumatra qui a payé le plus lourd tribut aux tsunamis du 26 décembre dernier. Jonchée aujourd’hui de millions de mètres cubes de décombres, la ville de Banda Aceh, qui comptait 240 000 habitants, a été frappée de plein fouet par les vagues géantes. « Les maisons sont remplies de débris. De grandes étendues de la ville sont recouvertes de boue, la côte a disparu sur plusieurs centaines de mètres », a observé Jacques Hintzy.

Le président de l’UNICEF en France est arrivé en Indonésie le 17 janvier dernier. « Je me suis rendu sur place pour pouvoir rendre compte aux donateurs de la situation en Indonésie et des actions de l'UNICEF », a-t-il affirmé.

Jacques Hintzy s’est rendu dans les centres d’accueil pour les enfants isolés ou orphelins mis en place par l’UNICEF à Banda Aceh. « L’UNICEF est très actif dans le domaine de la réunification des enfants avec leur famille. Ce qui est alarmant, c’est qu’il y a 8 fois plus de parents qui cherchent leurs enfants que d’enfants qui cherchent leurs parents », a indiqué Jacques Hintzy. A ce jour, 3 centres d’accueil ont été installés à Banda Aceh, et deux à Meulaboh. 410 enfants isolés ont été identifiés par l’UNICEF. « Toutes les informations récoltées dans ces centres d’accueil sont compilées dans une base commune informatisée. De sorte que l’on peut réunir des enfants avec leurs parents se trouvant dans un autre camp de secours », a expliqué le président de l’UNICEF.

Jacques Hintzy a également indiqué qu’en amont de la rentrée des classes, fixée le 1er février à Aceh, plusieurs écoles informelles, des activités récréatives, ainsi que des cours de couture ont été mis en place par des membres volontaires des communautés locales. En outre, « l’UNICEF a envoyé plus de 200 tentes destinées à héberger des écoles temporaires à Banda Aceh. La distribution de matériel scolaire a débuté ce matin », a rapporté le président de l’UNICEF. « En Indonésie, une immense chaîne de solidarité s’est créée suite aux tsunamis. C’est incroyable, beaucoup de personnes ont pu être hébergées par des membres de leur famille, des voisins », a-t-il remarqué.

Alors que 20 cas de rougeole ont été repérés sur les côtes Ouest et Est de l’île de Sumatra, une campagne de vaccination touchant 15 000 enfants âgés de 6 mois à 15 ans est en cours. « A Banda Aceh, la grande difficulté vient du fait que la quasi totalité du personnel médical a été décimée par les vagues meurtrières », a ajouté Jacques Hintzy. Le président de l’UNICEF France a indiqué qu’une évaluation des besoins nutritionnels par les équipes de l’UNICEF est en cours dans les camps de secours.

La construction de 20 latrines d’urgence vient d’être finalisée à Aceh, et 40 autres latrines sont en construction dans le reste de la province. 3 000 réservoirs d’eau et plusieurs pompes à eau sont arrivés à Banda Aceh cette semaine. « Les équipes de l’UNICEF réalisent un travail remarquable dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. Certains camps de secours ont été complètement inondés par les pluies des derniers jours », a remarqué Jacques Hintzy.

« L’élan de générosité internationale est extraordinaire, a conclu le président UNICEF France, tout le monde s’est mobilisé pour essayer de redonner vie à cette ville où tout à coup, le temps s’est arrêté. »

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