Jacques Hintzy : « Unir toutes les forces pour aider les enfants »

Publié le 30 décembre 2010 | Modifié le 04 janvier 2016

Il est entré comme bénévole à l’Unicef France il y a 35 ans. Aujourd’hui et depuis 12 ans, Jacques Hintzy y occupe la fonction de Président, toujours avec le statut de bénévole. Il nous explique son engagement, son rôle, sa vision des choses.

Il reçoit simplement, dans son bureau, entre la signature de deux contrats. Autour de lui, un grand planisphère, des photos de missions de terrain et deux petits cadres : trois jeunes garçons et une petite fille... « Ce sont mes enfants quand ils étaient petits. Maintenant je suis grand-père, cinq fois ! ».

De sa vie avant l’Unicef, il retient son enfance à Marseille, sa « montée à Paris » pour faire HEC puis Sciences Po, et ses treize années dans une agence de communication américaine. Et puis, un jour, il part en voyage au Yémen et en Ethiopie, avec son épouse. Il en revient « complètement choqué et interloqué » quant à la vie des enfants là-bas. « Je repense notamment à cette petite fille qui fabriquait des galettes de bouse de vache et les faisait sécher devant sa maison pour en faire du combustible pour cuire le repas… C’est là que je me suis dit ‘Il faut faire quelque chose pour ces enfants’ ! »

A son retour, il appelle Yves Malécot, le Président de l’Unicef France de l’époque, pour proposer ses services. « Je lui ai dit que je n’avais pas beaucoup de temps, ni d’argent, mais que je pouvais faire de la communication ! » C’est ainsi qu’il est entré, en 1975, comme bénévole à l’Unicef et que pendant 10 ans, son agence a fait gratuitement la communication de l’Unicef France.

« J’ai pris ma retraite anticipée pour me consacrer à 100% à l’Unicef »

Avec le temps, il a eu envie d’aller plus loin, de s’investir davantage. Il a été élu au conseil d’administration ainsi qu’au bureau, et est devenu trésorier pendant 14 ans. En 1999, il devient Président de l’Unicef France, mais se rend compte au bout d’une année que cumuler sa vie professionnelle et ses fonctions à l’Unicef devient impossible… « J’ai alors décidé de prendre ma retraite anticipée, afin de me consacrer à 100% à l’Unicef. »

Son rôle, en tant que Président de l’Unicef ? « Faire que les trois ensembles qui sont l’organisation internationale, l’équipe du siège Français et le réseau des bénévoles, travaillent dans la même direction, pour remplir notre mission fondamentale : aider les enfants. Nous sommes le médiateur entre la générosité des Français et les besoins des enfants. » Au quotidien pour Jacques Hintzy, cela veut dire veiller au respect de la stratégie, orienter les actions en appui des équipes de terrain à l’étranger, être le porte-parole auprès des médias pour que soient entendus et relayés les besoins criants des enfants, ou encore représenter l’Unicef dans un certain nombre de missions et manifestations. Mais les catastrophes se multiplient : « Depuis 1999, nous avons dû faire face à au moins une urgence majeure chaque année. Dans ces situations là, on doit pouvoir dire  "on est là, on se mobilise, venez joindre vos efforts aux nôtres" et le prouver ! »

« Une immense leçon de vie »

Car le président de l’Unicef France insiste sur un point : seuls, les 80 salariés de l’association ne pourraient pas assurer la mission de l’Unicef France. Des alliances extérieures sont nécessaires, et bien entendu, le réseau des 6200 bénévoles présents dans toute la France est indispensable pour établir des contacts, relayer les campagnes et collecter des fonds. L’année 2010 a été terrible, avec deux urgences extrêmement importantes : le séisme en Haïti et les inondations au Pakistan. « Mais grâce à la générosité des Français, nous avons pu envoyer plus de 50 millions d’euros aux bureaux de terrain, soit 10 millions de plus que les années précédentes. Les équipes font un travail formidable, mais les besoins sont immenses. Il faut continuer à nous mobiliser, toujours plus fort et plus efficace ».

Quand on demande à Jacques Hinzty ce que lui ont apporté ces 35 années au service de l’Unicef, la réponse est immédiate : « Un grand recul sur la vie. Au Pakistan, j’ai vu des familles entières avec moins que rien, réfugiées sur des digues au milieu des eaux. Etre le témoin de cela et pouvoir sensibiliser les gens à la cause de ces enfants, c’est une immense leçon de vie. »

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