"J'ai peur pour mes enfants, je ne peux plus les nourrir correctement..."

Publié le 10 avril 2012 | Modifié le 31 mars 2016

Au Sahel, 1 million d’enfants sont aujourd’hui menacés par la crise alimentaire et nutritionnelle qui sévit dans 8 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Une urgence « silencieuse » qui peine à se faire entendre dans le brouhaha médiatique… Notre reporter est partie au Niger, l’un des pays touchés, pour se faire la voix de ces enfants et le témoin de ce qu’ils traversent, afin que vous puissiez être au plus près d’eux et puissiez décider de les aider.

Ces enfants ont une force de vie incroyable. Quand vous passez la porte de l’un des hôpitaux qui prennent en charge les cas de malnutrition les plus graves, ceux de « malnutrition aigue sévère » avec complications médicales, vous voyez d’abord des rangées de lits avec des enfants mourants. Ils n’ont que la peau sur les os, souffrent, en plus de la malnutrition, de diarrhées, du paludisme, de lésions dans la bouche, de problèmes respiratoires… Leurs petits corps fragiles se soulèvent au rythme de leur respiration, certains n’ont même plus la force de pleurer. Des images tellement dures qu’à l’Unicef nous décidons de ne pas vous les montrer.

Oui, ces enfants sont dans un état critique. Mais pour tous, il y a un espoir. Une fois pris en charge, quand ils reçoivent les soins dont ils ont besoin, ils ont toutes les chances de guérir, de reprendre du poids, et de pouvoir rentrer chez eux. Quand vous allez voir chacun d’entre eux, ils vous regardent de leurs grands yeux, serrent leurs petits doigts autour du vôtre, vous offrent parfois un sourire… Tous s’accrochent à la vie, et tous ont le droit qu’on leur vienne en aide.

 

Guérir vite - et prévenir pour longtemps

 

Pour aider ces enfants, l’Unicef et ses partenaires (gouvernement, agences des Nations Unies, ONG locales et internationales) agissent à plusieurs niveaux.
Il faut bien entendu prendre en charge ceux qui sont déjà atteints par la maladie : les enfants souffrant de complications médicales sont immédiatement hospitalisés, mais les autres peuvent être soignés à la maison avec des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi : leurs mères les amènent régulièrement au centre de santé pour faire un suivi et prendre la nouvelle dose de traitement. Au bout de 5 semaines environ, si tout se passe bien, l’enfant est sorti de la malnutrition.

Encore faut-il diagnostiquer ces enfants, et prévenir la maladie, pour que d’autres ne soient pas atteints. Pour cela, l’Unicef met en place des actions de dépistage jusque dans les villages de brousse, et accompagne les communautés dans des activités de prévention. J’ai notamment rencontré des femmes « relais communautaires », formées par l’Unicef afin d’enseigner au reste de leur village de « bonnes pratiques », simples et peu coûteuses, pour prévenir la maladie : allaiter son enfant sans rien lui donner d’autre pendant au moins 6 mois (le lait maternel répond à la totalité des besoins nutritionnels d’un enfant de cet âge et est un véritable « vaccin naturel » pour l’enfant) ; boire de l’eau potable ; se laver systématiquement les mains au savon après les toilettes et avant de manger (afin d’éviter les maladies liées à l’eau sale qui provoquent des diarrhées, cause de malnutrition) ; apporter à l’enfant une nourriture adaptée à ses besoins…

 

Aider plus largement autour de l’enfant

 

Toutes ces actions permettent de protéger l’enfant et de le soigner de la malnutrition et des maladies qui y sont liées. Mais les causes sous-jacentes de la malnutrition vont bien au-delà du respect des « bonnes pratiques » par la famille…

Comment boire de l’eau potable si on n’y a pas accès ? Comment se laver les mains quand on n’a pas de point d’eau ni de savon ? Comment allaiter son enfant exclusivement jusqu’à 6 mois quand les autres femmes de son entourage s’y opposent, parce que la tradition et les croyances disent que c’est mauvais pour l’enfant ? Comment manger correctement en qualité et quantité quand les greniers à céréales sont vides et que les denrées sur le marché sont inabordables ?

C’est pourquoi l’Unicef soutient également des initiatives d’« aide financière mensuelle » (qui permettent à la famille d’acheter de la nourriture pour tout le foyer), appuie la construction de puits et de latrines dans les villages, forme des « médiateurs » et des « médiatrices » pour accompagner les parents qui souhaitent allaiter contre l’avis de la famille… Et enfin, travaille avec le gouvernement afin de trouver des solutions durables à ces crises répétées dont, à chaque fois, les enfants sont les premières victimes.

 

Continuer à sauver ces enfants

 

Au cours de mes reportages, dans chaque village, chaque centre de santé, je vois des mères et des pères qui ne savent plus comment s’en sortir et qui sont inquiets pour leur famille, des enfants qui vivent dans des conditions indignes et doivent parfois travailler pour aider leur famille... Ces femmes et ces enfants, quand je leur tends mon micro, acceptent de raconter leur histoire, même si cela leur coûte. Ils le font car ils espèrent que vous entendrez leurs remerciements, pour l’aide qu’ils ont déjà reçue grâce à vos dons, mais aussi leur appel à l’aide : ils ont encore besoin de vous
 

En savoir plus sur le LEGS à l'UNICEF

Voir notre Dossier sur la malnutrition

Télécharger notre infographie pour mieux comprendre les causes de la crise au Sahel.

Infographie explicative de la crise nutritionnelle au Sahel

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