« Je pensais que ma vie était gâchée »

Publié le 02 février 2010 | Modifié le 24 décembre 2015

Amutha n’avait que 14 ans lorsqu’elle a été enrôlée par un groupe armé au Sri Lanka. Aujourd’hui libérée, elle tente de reconstruire sa vie, loin de la violence.

A l’âge de 14 ans, Amutha est enrôlée par les Tigres de l’Eelam Tamoul (LTTE), groupe armé rebelle du Sri Lanka. Elle passe deux longues années à s’entraîner au combat. En 2006, quand le conflit éclate dans le pays, elle se bat, en première ligne. Au bout de 24 heures, un éclat d’obus déchire son bras. « J’étais terrifiée et bouleversée, raconte- elle. Mais on m’a dit de garder mon arme et de continuer à me battre. »
Finalement, Amutha est soignée dans l’hôpital des rebelles. Elle s’échappe une semaine plus tard mais les Tigres tamouls la rattrapent. Trois ans de plus à combattre pour eux. En mars 2009, les forces gouvernementales percent la ligne de front des rebelles. Amutha peut enfin se rendre.

 

Des milliers d’enfants armés

 

Amutha n’est pas la seule à avoir passé d’interminables mois au sein d’un groupe armé. Des milliers d’enfants ont ainsi été recrutés de force durant le conflit au Sri Lanka.  Certains ont travaillé comme porteurs, cuisiniers ou se sont chargés du nettoyage des camps. Mais la majorité de ces enfants se sont battus, en première ligne.

La réintégration de ces enfants dans la vie civile demande une protection et une attention toutes particulières. Ces enfants ont été confrontés à la mort, ils ont subi des abus physiques. Ils ont développé des problèmes émotionnels et montrent des signes de dépression.

Avant 2008, au Sri Lanka, un enfant soldat libéré de son groupe armé était placé en détention provisoire dans une prison, avec des adultes. Aujourd’hui, des centres de protection et de conseil existent pour ces jeunes comme Amutha, libérés des groupes armés.

 

«J’adore mes cours de plomberie et de cuisine»

 

Dans ces centres, soutenus par l’Unicef et par les autorités sri lankaises, des centaines d’enfants comme Amutha sont toujours pris en charge. La majorité d’entre eux se sont rendus en mai 2009, quand le conflit s’est officiellement terminé.

Le centre de réhabilitation d’Ambepussa est l’un de ces établissements. Il a ouvert en avril 2008. Dans ce centre, les jeunes sont formés à des métiers, ils bénéficient d’un soutien psychosocial. Et peuvent participer à des activités culturelles et sportives. Amutha est heureuse d’être dans ce centre. « Je pensais que ma vie était gâchée mais maintenant j’ai de l’espoir pour le futur. J’adore mes cours de plomberie et de cuisine. »

Les enfants dans ces centres de réhabilitation sont sous la responsabilité d’un magistrat qui suit leurs progrès. Objectif pour ces enfants : retourner chez eux dans leurs familles, leurs communautés avec des compétences qui les aideront à gagner leurs vies ensuite. Amutha a aujourd’hui hâte de pouvoir retourner chez ses parents.

De belles avancées au Sri Lanka

L’UNICEF et le gouvernement sri lankais ont travaillé en étroite collaboration dans le but de développer une législation pour mettre un terme au recrutement et à l’utilisation d’enfants dans les conflits armés.

  •  Le Sri Lanka a ratifié le Protocole facultatif de la Convention internationale des Droits de l’enfant portant sur les enfants recrutés dans les conflits armés.
  • En décembre 2008, le gouvernement a signé un plan d’action pour que les enfants ainsi libérés soient considérés comme des victimes, pas comme des criminels.
  •  A la même époque, l’Unicef, le Commissaire général de réhabilitation sri lankais et l’un des groupes armés restants ont signé un accord pour arrêter les recrutements et l’utilisation d’enfants dans les conflits armés.
  • En février 2009, le Président du Sri Lanka a lancé la campagne « Bring Back the child » («Ramenez l’enfant»)  en partenariat avec l’Unicef. Objectif :  rappeler à tous la tolérance zéro de la part du gouvernement quant au recrutement d’enfants dans les conflits armés.  Une campagne diffusée par radio, tv, journaux, affiches, posters  à travers le pays.

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