« Je suis optimiste ! »

Publié le 02 octobre 2009 | Modifié le 25 avril 2016

Le docteur Macoura Oulare, du bureau régional de l'Unicef à Dakar, estime qu’il est « possible d’éliminer le sida pédiatrique d’ici 2015 avec de la volonté politique et des soutiens financiers.» Le docteur Oularé est la spécialiste principale de la Prévention de la Transmission Mère-Enfant (PTME) et de la prise en charge du sida pédiatrique au bureau de l’UNICEF pour l’Afrique de l’ouest et centrale.

Quelle est la part de femmes et d’enfants vivant avec le VIH/sida ?
On estime qu’à la fin 2007, 15,5 millions de femmes et 2 millions d’enfants étaient infectés par le virus. Sur un total de 33 millions de personnes infectées. Les enfants représentent 14% des décès en rapport avec le VIH/sida. Et le sida reste la première cause de mortalité de la femme en âge de procréer

Quels progrès avez-vous constaté dans la prise en charge de ces femmes et de ces enfants ?
Dans le rapport Vers un accès universel publié par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’Onusida et l’Unicef, il apparaît que 21% des femmes enceintes ont été dépistées en 2008, contre 15% fin 2007.  Parallèlement, 275 000 enfants avaient été mis sous traitement antirétroviral (ARV) à la fin 2008 contre 198 000 fin 2007. Tout cela grâce à l’engagement politique, aux soutiens financiers, à l’extension des services de prévention et de traitement…
Mais les disparités régionales restent grandes : globalement 45% des femmes enceintes séropositives bénéficient de traitements dans le cadre de la PTME. Mais l’Afrique centrale et de l’ouest est la seconde région la plus affectée par la pandémie et ce taux de couverture n’y est que de 16%.

Quels défis doivent encore être relevés pour étendre l’accès à la prévention et aux traitements?
Certaines bonnes pratiques doivent être généralisées, comme le traitement des femmes enceintes avec plusieurs molécules d’ARV, au lieu d’une. Avec trois molécules combinées, on augmente jusqu’à 90% les chances de protéger l’enfant à naître du virus. De même, il faut généraliser le diagnostic précoce du virus chez l’enfant. Sans identification, pas de prise en charge et donc de grands risques pour l’enfant de mourir avant ses 2 ans.

Concrètement, pour quelles mesures plaidez-vous aujourd’hui ?
Il faut, entre autres, intégrer les services de prévention et de traitement du VIH/sida dans les services de santé : quand une femme vient en consultation prénatale, il faut en profiter pour faire un test de dépistage. L’expansion du conseilet dépistage initie par le soignant est un moyen    efficace d’identifier la majorité des femmes et des enfants et en leur donnant  beaucoup plus de change d’avoir acces au traitement, soins pour le VIH.
La gestion des stocks et des achats doit également être améliorée. Pour éviter que certains centres se retrouvent en rupture de médicaments, alors qu’un lot est en train de périmer à 3 kilomètres de là. Il faudra renforcer le lien entre les services, y compris les services au niveau de la communauté pour améliorer l’accès au services , mais aussi diminuer la stigmatisation.

Le phénomène de rejet par leurs familles des femmes qui vivent avec le VIH/sida évolue-t-il?
Cette stigmatisation varie selon les pays. Dans certains états africains, une étude récente montrait que 60% des interrogés disaient ne pas vouloir manger dans le même plat qu’une personne séropositive. Des femmes sont rejetées par leurs maris, leurs belles familles. Depuis 10 ou 15 ans, il y a eu une légère amélioration mais il faut travailler avec les communautéspour expliquer la maladie, informer les gens, y compris les maris. La stigmatisation a un impact sur la poursuite du traitement et des soins.

Vous semblez optimiste quant au sida pédiatrique?
Je le suis ! Dans certains pays africains, 80% des femmes et de leurs enfants ont déjà accès aux services de prévention et de traitement. En mettant les bouchées doubles ces prochaines années, nous pouvons arriver à éradiquer le sida pédiatrique. Les connaissances, les technologies sont là. Il y a des insuffisances et des défis à relever mais si tout le monde se réveille pour généraliser la PTME et la prise en charge du SIDA pediatrique, c’est possible ! Il n’y a pas de raison de laisser naître un enfant avec le VIH alors qu’on a les ressources, les connaissances pour éviter cela. C’est une question de volonté politique et de soutiens financiers.

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