Journée du refus de l'échec scolaire : les familles face à la pression scolaire

Publié le 05 septembre 2011 | Modifié le 08 janvier 2016

Pour sa 4e édition, le 21 septembre 2011, la Journée du refus de l'échec scolaire, parrainée par l'Unicef, s'intéressera plus particulièrement à la problématique des familles face à la pression scolaire.

 

 

Notre système éducatif exerce une pression accrue sur les enfants qui se répercute au sein même de la sphère familiale et provoque des tensions en cas de difficulté scolaire. Si tous les parents sont préoccupés par la réussite scolaire de leurs enfants, les moyens dont ils disposent sont inégaux pour les accompagner.

 

Une journée de débat et de réflexions

 

Pour alimenter le débat et les réflexions sur ce sujet, le 21 septembre, un « baromètre du rapport à l’école des enfants des quartiers populaires » sera publié par l’Afev et ses partenaires, ainsi qu'une enquête exclusive sur le ressenti des familles des quartiers face aux questions scolaires.

Cette journée, dont le parrain cette année est Boris Cyrulnik, membre du comité de parrainage de l’Unicef France, sera suivie par de multiples initiatives partout en France :
-des rencontres-débats animées sur une quinzaine de villes
-des temps d’échanges dans des collèges pour faire émerger la parole des jeunes
-des initiatives spécifiques menées par les villes partenaires de la Journée du Refus de l'Échec Scolaire
Comme pour les précédentes éditions, un grand débat sera organisé à Paris.

 

 

Deux questions à un expert

 

 Georges Fotinos, chercheur, expert des questions scolaires, coordinateur d’une étude sur les violences scolaires pour l'Unicef, membre associé de l’Observatoire International de la Violence à l’Ecole et administrateur de l’Unicef France.

Que sait-on de ce phénomène d’angoisse des familles face à la pression scolaire ? 

D’une façon générale, toutes les enquêtes le démontrent, les liens famille / école se sont distendus pour aboutir désormais et dans certaines circonstances à des affrontements verbaux et …physiques. C’est un phénomène récent. L’explication est à rechercher d’une part  dans l’évolution du comportement social des parents qui considèrent pour une majorité l’école comme un service public comme un autre et font valoir leurs droits « d’usagers » et d’autre part dans l’histoire de l’école en France qui n’a jamais considéré les parents comme des co-éducateurs.
A noter aujourd’hui que plus de la moitié des conflits sont relatifs à l’évaluation des résultats et aux punitions et sanctions.

Comment enrayer ce phénomène ?

Pour sortir de ce « grand malentendu », et si possible enrayer cette évolution préjudiciable à tous et plus particulièrement aux élèves – il est patent que la réussite scolaire est liée  à ce partenariat – plusieurs  actions peuvent être proposées mais toutes avec un préalable absolu : la coopération parents / école doit être fondée sur une reconnaissance réciproque des compétences et des apports de chacun ainsi que sur la confiance et une dignité égale.
-Créer des lieux privilégiés de dialogue et d’échange dans et à l’extérieur de l’école.
-Les parents doivent devenir partenaires dans la prévention de la violence à l’école
-Informer régulièrement les parents des contenus et des méthodes pratiquées à l’école.
-Associer les familles à la rédaction du règlement intérieur et / ou à la charte de vie de l’établissement
-Ouvrir l’opération «école ouverte » pendant les vacances aux parents
-Former les enseignants à la relation avec les parents en associant étroitement comme co-formateurs  les fédérations de parents d’élèves et les associations concernées.

Ce n’est que par des actions concrètes communes de ce type que le malentendu se dissipera et que le « parent-client » deviendra le « parent-co éducateur ». La cohérence du lien social en dépend.

 

L’Unicef et l’éducation

 

Pour l’Unicef, la dimension de l’éducation est, et a toujours été fondamentale dans notre action. Aussi bien à l’international qu’en France, l’accès à l’école et le droit pour tous les enfants à recevoir une éducation de qualité sont à nos yeux des priorités pour le bon développement de l’enfant. L’Unicef France milite pour une éducation de qualité pour tous. L’attention doit être portée sur l’environnement de l’école. Il nous semble important de réinvestir l’école pour en faire un lieu d’épanouissement pour les élèves mais aussi pour les équipes éducatives et les parents. De même replacer l’école au centre de notre société permettra d’en faire un réel facteur de l’ascension sociale.
 

En savoir plus

Tout sur la JRES, et pour s’inscrire au débat à Paris ou le suivre en direct le 21 septembre... http://www.refusechecscolaire.org

La journée du Refus de l’Echec scolaire, parrainée par l’Unicef France, est organisée par l’Afev, en partenariat avec France-Télévision-Curiosphère, le cabinet d’études Trajectoires-Reflex et une trentaine d’organisations intervenant dans le champ éducatif.

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