Journée internationale de la femme 2005

Publié le 07 mars 2005 | Modifié le 04 janvier 2016

C'est en prenant conscience de la discrimination qui frappe les filles et les femmes et en la combattant que nous pourrons l'éliminer durablement sous toutes ses formes - qu'il s'agisse de la discrimination fondée sur la classe sociale, la race, l'appartenance ethnique ou l'âge. 
 

Les rôles socialement construits imposés aux filles et aux femmes les empêchent souvent de réaliser tout leur potentiel. En raison de la discrimination, elles n'ont pas accès aux soins de santé et à l'éducation. On leur cache les informations dont elles ont besoin pour se protéger du VIH/SIDA. La discrimination prive les filles et les femmes du pouvoir de prendre des décisions, de gagner un revenu et de se prémunir de la violence, des mauvais traitements et de l'exploitation. Souvent, elle les prive même de toute protection juridique.

L'UNICEF s'est engagé à améliorer la situation des filles et les femmes. Pour cela, il faut s'assurer que tous les enfants aient des chances égales de développer leurs talents. Nous nous efforçons de garantir à tous les bébés le meilleur départ possible dans la vie grâce à des programmes intégrés de soins du jeune enfant qui tiennent compte des sexospécificités. Nous oeuvrons aussi pour que tous les enfants reçoivent une éducation de qualité qui les prépare à une vie productive.

Les sexospécificités
 
 Si la notion de « sexe » fait référence aux différences biologiques qui existent entre hommes et femmes, les sexospécificités recouvrent les rôles socialement construits, ainsi que les droits et les responsabilités que les communautés et les sociétés attribuent aux hommes et aux femmes. De sexe masculin ou féminin à la naissance, nous apprenons ensuite à devenir des garçons, des filles, des hommes et des femmes en suivant les modèles perpétués par la famille et la société.

Malgré les efforts entrepris aux niveaux local, national et international, les femmes et les filles continuent de souffrir de discrimination. La discrimination sexiste et les inégalités entre les sexes sont une violation des droits des femmes et des hommes, et sont préjudiciables au bien-être de tous les enfants. La compréhension de la discrimination sexiste nous permet non seulement d'aider les femmes et les enfants à exercer leurs droits, mais aussi à mieux comprendre d'autres formes d'inégalités, telles que celles qui se fondent sur l'âge, la race ou la classe sociale.

La discrimination sexiste apparaît sous de nombreuses formes différentes. En voici quelques exemples :

Droits de la personne humaine
Bien que le droit international reconnaisse des droits égaux aux hommes et aux femmes, dans le monde entier, des femmes sont privées de leurs droits à la terre et à la propriété, à des ressources financières, au travail et à l'éducation, entre autres. Dans de nombreuses cultures, les femmes et les filles subissent des mutilations sexuelles et sont blessées ou même assassinées au nom de la tradition. Et pour les femmes de tous les pays, la violence sexuelle constitue peut-être la violation la plus commune et la plus grave de leurs droits.

Travail
Les femmes comme les hommes jouent un rôle important et productif dans tous les pays du monde, pour gagner leur vie et celle de leur famille. Mais le travail des femmes reste souvent invisible, car de nature plus informelle, comme le travail indépendant ou la culture vivrière. Même lorsque des femmes et des hommes occupent le même emploi, les femmes sont souvent moins bien payées et reçoivent moins d'avantages que les hommes. Et cela vaut à la fois pour les pays développés et en développement.

Les hommes occupent la plupart des postes de responsabilité dans la sphère publique. Par conséquent, les décisions et les politiques reflètent souvent les besoins et les préférences des hommes, et non des femmes. En outre, la part du travail des femmes dans l'économie familiale, souvent appelée économie des soins non rémunérés, est sous-évaluée et n'apparaît pas dans les statistiques. En d'autres termes, les femmes dans le monde travaillent plus longtemps et sont moins bien compensées que les hommes.

Propriété
Les ressources du monde sont très inégalement réparties, non seulement entre les pays, mais aussi entre hommes et femmes d'un même pays. Si l'on estime que les femmes accomplissent les deux tiers du travail dans le monde, elles ne gagnent qu'un dixième du revenu, et possèdent moins d'un pour cent des biens immobiliers. Dans bien des cas, le droit et l'accès des femmes à la terre, au crédit et à l'éducation, par exemple, sont limités en raison d'une discrimination légale. Mais des obstacles plus subtils (comme la charge de travail, la mobilité et un faible pouvoir de négociation à la fois au foyer et dans la communauté) les empêchent aussi d'exercer des droits garantis par la loi..

En 1997, les Nations unies ont décidé d'intégrer une dimension sexospécifique à leurs activités pour encourager la parité entre les sexes. Cette stratégie consiste à évaluer les implications, pour les hommes et les femmes, de tout ce qui est entrepris, y compris la législation, les politiques et les programmes à tous les niveaux. Elle vise à intégrer les besoins et l'expérience des hommes comme des femmes à la conception, à la mise en oeuvre, à la surveillance et à l'évaluation des politiques et des programmes, de telle sorte que les inégalités ne se perpétuent pas
 

L’UNICEF en action :

C'est seulement en reconnaissant que les filles et les garçons ont des expériences différentes que l'on garantira à chaque membre de la société la meilleure existence possible.

L'UNICEF s'efforce de réduire les inégalités au foyer en menant des activités dans les domaines de l'eau, de l'environnement et de l'assainissement pour aider les femmes à avoir accès facilement et sans risques à toute l'eau dont elles ont besoin.
Le VIH/SIDA affecte un nombre disproportionné de femmes, et dans la plupart des pays, les filles courent davantage de risques d'être infectées que les garçons. Les femmes sont en grande majorité celles qui s'occupent des malades.
L'UNICEF soutient des programmes innovants pour aider les adolescents, et tout spécialement les adolescentes, à éviter la maladie.
Les femmes et les filles comptent pour 80% des réfugiés et des personnes déplacées par les conflits armés. Il est donc essentiel de tenir compte de leurs besoins spécifiques en leur apportant une aide humanitaire dans des situations d'urgence.
Le mariage précoce, la vente d'enfants et autres formes de violence contre les filles et les femmes doivent faire l'objet d'interventions à plusieurs niveaux pour améliorer la protection.

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