Journée mondiale contre l’utilisation des enfants soldats : l’urgence de mettre fin aux cauchemars des enfants

Publié le 12 février 2021

A l’occasion de la Journée internationale contre l’utilisation des enfants soldats, le 12 février, UNICEF alerte sur l’urgence de mettre fin à l’enrôlement des enfants dans les conflits - violation extrême des droits de l'enfant. UNICEF rappelle l’importance des programmes de réintégration pour offrir un avenir à ces enfants vulnérables, victimes de dommages incommensurables sur leur vie et leur développement.

Le recrutement et l’exploitation d’enfants au sein de groupes armés doit cesser de façon urgente, les préjudices pour ces enfants sont immenses. Cette pratique est une violation extrême des droits de l’enfant, bafouant un grand nombre d’articles de la Convention relative aux droits de l'enfant (CIDE).

 Au Soudan du Sud, un des pays où le nombre d’enfants soldats est encore bien trop élevé, il existe une menace directe pour les enfants d’être enrôlés dans des conflits et dont les conséquences sur leur vie future sont multiples.

Mettre fin aux cauchemars des expériences traumatisantes  

Outre les blessures physiques et les risques de mortalité élevés, ces enfants vulnérables sont aussi susceptibles de contracter des maladies mentales pour le restant de leur vie suite aux traumatismes des expériences vécues. Trop souvent négligés, ces impacts sur la santé mentale et le développement psychologique de ces enfants sont aussi un frein à la guérison suite au traumatisme d’avoir été exploité, maltraité et abusé par des groupes armés.

De nombreux enfants au Soudan du Sud sont victimes de syndromes de stress post-traumatique (SSPT), après avoir vécu ou été témoins d'expériences violentes inimaginables lorsqu'ils faisaient partie des forces armées ou d'un groupe armé.

Effectivement, après avoir été libérés ou fui, les enfants sont souvent aux prises avec des cauchemars, des comportements agressifs, et à de l'anxiété. C’est le cas de Joseph [le nom a été modifié], qui n'avait que 13 ans lorsqu'il a été kidnappé et forcé à se battre, après avoir assisté à la mort de son père et dont le cauchemar continue de le hanter :

 

Soutien psychosocial, une nécessité pour la reconstruction

Un soutien psychosocial intense est nécessaire dès la rupture pour l’enfant avec l'entité armée et un suivi à long terme est indispensable pour aider ces enfants à se reconstruire et envisager un avenir. Bien qu’ils soient primordiaux pour la reconstruction de ces enfants,  les systèmes de soins de santé sont fragiles et ont du mal à répondre aux besoins de soins de santé les plus élémentaires. Au Soudan du Sud, par exemple, il n'y a que trois psychiatres, 23 psychologues et un service psychiatrique avec un nombre de lits limités.

Fort de ce constat alarmant, UNICEF a mis en place un vaste programme de réintégration pour ces enfants. Au Soudan du Sud, ces programmes soutenus par UNICEF ont pu aider 3 785 enfants depuis 2013. Chaque enfant est accompagné par un travailleur social dédié pour une durée de trois ans. Cet accompagnement a pour objectif de les aider à faire face au passé et à se réinsérer vers une vie civile, mais aussi de sensibiliser et négocier avec la famille et la communauté locale qui pourraient avoir des réticences sur les conditions du retour de l'enfant.

Toutefois, faute de financements, un grand nombre d’enfants libérés ou échappés des forces armées et des groupes armés (CAAFAG) sont privés de ce soutien essentiel. C’est pourquoi en 2021, UNICEF a lancé un appel de 4 millions de dollars pour soutenir la libération et la réintégration de 2 000 enfants associés aux forces armées et aux groupes armés.

A l’occasion de la Journée internationale contre l'utilisation d'enfants soldats, UNICEF souhaite mettre en évidence les effets néfastes des conflits armés sur les enfants directement confrontés à des atrocités, comme celle vécues par Joseph, et ainsi, rappeler la nécessité de se mobiliser pour ces enfants vulnérables et leur permettre ainsi de se reconstruire.