L’avenir en danger des enfants syriens déscolarisés

Publié le 17 décembre 2013 | Modifié le 19 septembre 2018

L’effondrement de la scolarisation des enfants syriens est le pire jamais connu dans la région du Moyen-Orient, selon un rapport publié récemment. Près de 3 millions d’enfants syriens ont dû abandonner leur scolarité, suite à l’enlisement du conflit. Nous devons tout mettre en œuvre pour éviter une génération perdue.

Le conflit en Syrie entre bientôt dans sa quatrième année, et chaque jour la crise se prolonge et semble s’aggraver un peu plus. Les enfants syriens représentent quasiment la moitié des 4,2 millions de personnes déplacées, et sont plus d’un million de refugiés dans les camps voisins. Heba, 17 ans, se trouve aujourd’hui à Zaatari dans un camp de réfugiés en Jordanie. Elle raconte son rêve envolé : « Avant, j’avais un rêve, celui d’aller à l’université et de suivre des études de pharmacie. Il était dans mon esprit et dans mon cœur, mais il a été réduit en cendres. Ce rêve est maintenant emporté par les vents de ce lieu, ce camp… ».
 
Le cas d’Heba est préoccupant, et pire encore, ils sont 3 millions d’enfants syriens comme elle qui ont été forcés d’abandonner leur scolarité à cause des combats et de leurs conséquences : peur, insécurité, destruction des écoles et fuite des familles.
Le tout nouveau rapport intitulé « Education Interrupted - Une scolarité en suspens » révèle que les progrès accomplis en matière d’éducation, depuis ces dix dernières années en Syrie, ont été anéantis en trois années de conflit.

De l’effondrement de la scolarisation aux conséquences désastreuses

Le rapport tente pour la première fois d’évaluer et d’expliquer l’étendue et l’importance de ce déclin dans un pays où le taux de scolarisation en primaire était de 97% avant le début du conflit en 2011, faisant de la Syrie un excellent élève en la matière. Cet effondrement en l’espace de trois ans est sans pareil dans la région et entraîne des conséquences désastreuses pour les enfants.
 
Plus de 1 000 jours de violences en Syrie ont laissé des millions d’enfants sans éducation, sans écoles et sans enseignants. Dans le meilleur des cas, les enfants ont une scolarité irrégulière, au pire ils sont forcés d’abandonner l’école et de travailler pour aider leurs familles.
 
En Syrie, 1 école sur 5 a été endommagée, détruite ou utilisée comme abri pour les personnes déplacées. Dans les pays limitrophes accueillant les réfugiés, entre 500 000 et 600 000 enfants syriens sont privés d’accès à l’éducation.
 
Dans les pays limitrophes, les différences de langue et de programmes scolaires, l’absence ou le manque d’espaces d’apprentissage, l’insécurité, la pauvreté et les tensions communautaires sont des obstacles majeurs à l’accès à l’éducation des enfants réfugiés syriens. Par ailleurs, les enfants et les enseignants des communautés d’accueil doivent faire face à des classes surchargées et à une pression grandissante sur leur système éducatif.
« J'aimais aller à l’école en Syrie, explique Hanan, 17 ans qui vit dans le même camp de Zaatari que Heba. Le programme était bon, et j’appréciais la qualité des enseignants. Nous étions avec des gens que nous aimions. Je me souviens que le programme scolaire était très difficile avec des règles strictes, mais il était important pour moi parce que je voulais être journaliste ».

Des mesures essentielles pour inverser la tendance

Le rapport met en avant des mesures essentielles qui, si elles étaient mises en œuvre sans délai, pourraient inverser la tendance, en particulier :

  • La protection des infrastructures scolaires en Syrie, incluant la non-utilisation des écoles à des fins militaires, la déclaration des écoles comme « zones de paix ». Les parties au conflit violant la protection des écoles devraient avoir à rendre des comptes pour ces violations
     
  • Le doublement de l’investissement international en faveur de l’éducation des enfants syriens dans les pays d’accueil afin de développer et d’améliorer les espaces d’apprentissage, de recruter des enseignants supplémentaires et réduire les coûts de scolarité
     
  • Mettre en œuvre des solutions innovantes pour pallier aux besoins des enfants réfugiés syriens en matière d’éducation en s’assurant de la certification de leurs compétences scolaires
     
  • Développer les alternatives comme l’apprentissage à domicile, les centres d’enseignement non-formel et les espaces amis des enfants proposant aux enfants un suivi psychologique

 
Tous ensemble, nous pouvons éviter d’avoir une génération perdue d’enfants syriens.
Vous avez la possibilité de préserver leur avenir, en soutenant nos programmes dédiés à l’éducation grâce vos dons !
 
Pour en savoir plus :
Rapport « Education Interrupted - Une scolarité en suspens » (PDF, en anglais)
Enfants syriens : l’urgence du retour à l’école
Urgence Syrie : un million d’enfants réfugiés
Les actualités sur la crise en Syrie
Reportage : Laurence Ferrari auprès des enfants réfugiés syriens
"Vies brisées" : témoignages d’enfants syriens réfugiés

Inscrivez-vous

Suivez toutes les actualités de l'UNICEF

Soutenir nos actions