«L’entrée au collège est un moment difficile »

Publié le 16 septembre 2009 | Modifié le 30 décembre 2015

L’entrée au collège angoisse de nombreux enfants. Le rythme, les interlocuteurs, l’espace, les enseignements y diffèrent du primaire. La Journée du refus de l’échec scolaire du 23 septembre prochain lancera le débat sur ce thème. Le point sur cet événement avec l’organisateur Paul Falzon-Monferran, chargé de mission à l’AFEV, l’association de la fondation étudiante pour la ville.

Pourquoi avez-vous décidé d’axer cette deuxième Journée du refus de l’échec scolaire sur le collège ?

Lors de la première édition de cette journée, nous avions réalisé un baromètre et nous avions constaté une très nette dégradation du vécu des enfants au collège par rapport au primaire. Ceux qui avaient du plaisir à se rendre en classe étaient moins nombreux au collège qu’à l’école primaire. L’entrée en sixième constitue une rupture pédagogique : les enfants les plus fragiles vivent une nouvelle épreuve au collège. Il aggrave les difficultés d’une partie des élèves et peut même en entraîner certains dans un cycle fatal jusqu’au décrochage. Pour d’autres, qui n’étaient pas en difficulté avant, le collège peut les amener à un premier échec.

Pourquoi ces échecs ?

Du primaire vers le secondaire, les enfants vivent des changements difficiles, notamment le passage d’un référent adulte à plusieurs. Les élèves se sentent perdus, déstabilisés. La culture de la notation existe aussi en primaire mais un instituteur remarque lorsqu’un enfant compense une mauvaise note dans une matière avec de bons résultats dans un autre domaine. Au collège, la culture de l’évaluation est une pression permanente pour l’enfant plutôt qu’une vraie manière d’évaluer.

Qu’attendez-vous de la journée du 23 septembre ?

La Journée du refus de l’échec scolaire est l’occasion de sensibiliser le grand public mais aussi d’interpeler les hommes politiques. Comment peut-on accepter qu’un cinquième des enfants quittent l’école sans diplôme ? Nous devons nous demander ce que nous voulons pour cette école. Souvent, le débat porte sur les fonds alloués à l’enseignement. C’est une question importante. Mais il faut aussi réfléchir à la manière d’enseigner, aux missions de l’école. Nous ne voulons pas pointer du doigt les enseignants ou les parents, il faut débattre de manière positive. Et nous espérons aussi pouvoir travailler sur ces questions avec les parlementaires dans les semaines à venir…

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