Yémen : l’épidémie de choléra plonge les familles dans la détresse

Publié le 02 août 2017 | Modifié le 08 août 2017

Les enfants du Yémen vivent la plus grave épidémie de choléra au monde. En trois mois, l’épidémie s’est propagée dans tout le pays, déjà déchiré par des années de guerre. Chaque jour, la maladie apporte son lot de morts et de cas suspects. Les enfants sont les plus vulnérables et leurs familles se trouvent littéralement désespérées.
L’UNICEF vient en aide à ces familles en intensifiant sa réponse d’urgence. Mais nous avons encore besoin de votre soutien…

Un tourbillon de poussière et de vent traverse Alhesn, un village perché sur la plus haute colline de Sanaa, la capitale du Yémen. Il y a deux ans, une énorme explosion provenant d’une colline voisine a tué de nombreux habitants, dont des enfants. En quelques secondes, des habitations ont été détruites et des vies, réduites à néant. « Des pierres se sont abattues sur nous de tous les côtés ; mon frère de 11 ans a été tué sur le coup », raconte un jeune professeur d’anglais. Le souvenir de ce jour tragique reste gravé dans la mémoire des habitants d’Alhesn…

En plus de la guerre, le village doit maintenant faire face à une crise sanitaire, une épidémie de choléra. À l’échelle du pays, plus de 450 000 personnes sont atteintes de diarrhée aqueuse aiguë, qui serait due au choléra. Leur situation peut entraîner une grave déshydratation potentiellement mortelle si elle n’est pas soignée rapidement et adéquatement.

Une famille entière à la merci du choléra

Les enfants de Hemiar Mohammed, un père de famille du village d’Alhesn. Leur mère, Fauzia, a été emmenée d’urgence à l’hôpital pour insuffisance rénale due à un cas présumé de choléra. © UNICEF Yemen/2017/Alzekri

À l’autre bout du village, Hemiar Ahmad Mohammed, 35 ans, vit dans une maison en pierres avec sa femme Fauzia et leurs neuf enfants, dont le plus jeune a un mois.
La semaine dernière, l’un de leurs fils, atteint de diarrhée aqueuse aiguë, a été emmené d’urgence à l’hôpital. Peu de temps après, c’était Fauzia qui se trouvait entre la vie et la mort.
Elle a été admise en soins intensifs à Al Thawra, l’un des rares hôpitaux de Sanaa qui fonctionnent encore en partie. Ses reins ont cessé de fonctionner en raison de ce qui semblait être un grave cas de choléra.

« J’ai l’impression d’être orphelin. Je ne sais pas quoi faire », explique Hemiar en caressant doucement le plus jeune de ses enfants, emmitouflé dans une couverture. Les autres enfants sont assis aux côtés de leur père. Leur mère leur manque à tous.

Alors que l’épidémie se propage très rapidement à travers le Yémen, des milliers d’autres personnes se trouvent dans la même situation que Hemiar. Des milliers de cas de diarrhée aqueuse aiguë probablement due au choléra sont recensés chaque jour dans toutes les régions du pays. La moitié des personnes touchées sont des enfants. Au cours des trois mois qui se sont écoulés, près de 1 700 personnes sont décédées.

Cette crise sanitaire a été causée par deux années de conflits intenses. L’effondrement des systèmes de santé, d’approvisionnement en eau et d’assainissement a empêché 14,5 millions de personnes d’avoir régulièrement accès à de l’eau salubre et à l’assainissement, ce qui a facilité la propagation de maladies. Parallèlement, il n’y a pas suffisamment de médecins et de personnel infirmier pour prendre en charge et soigner les malades : 49 des 333 districts du pays ne comptent plus aucun médecin. Certains ont quitté le pays et ceux qui sont restés n’ont pas été payés depuis près d’un an.

 

La fille de Hemiar attend que sa mère revienne à la maison. L’état de santé de Fauzia s’est considérablement amélioré et elle a récemment été autorisée à sortir de l’hôpital. © UNICEF Yemen/2017/Alzekri

Les services de base ayant cessé de fonctionner, les rues sont jonchées de détritus, de l’eau stagnante s’accumule en flaques, et les habitants dépendent au quotidien de sources d’eau non traitée et souvent contaminée. Quand ils tombent malades, il y a aujourd’hui moins d’hôpitaux pour les prendre en charge.

L’UNICEF intensifie sa réponse d’urgence pour les enfants

L’UNICEF intervient en livrant d’urgence par voie aérienne et maritime des médicaments et d’autres fournitures et en les acheminant dans les centres de santé du pays. L’OMS et l’UNICEF apportent leur soutien à 626 centres de traitement de la diarrhée et points de thérapie par réhydratation orale dans les régions les plus gravement touchées. Il est prévu d’étendre cet appui à 1 156 centres. Les patients atteints de diarrhée aqueuse aiguë sont orientés vers des centres de traitement et des hôpitaux pour y recevoir des soins spécialisés.
L’UNICEF s’emploie également à améliorer les conditions de vie locales grâce à ses programmes d’assainissement et d’hygiène, dont environ quatre millions de personnes en ont bénéficié. L’UNICEF distribue aux familles des comprimés de chloration. Le choléra et les autres maladies transmises par l’eau se propagent plus rapidement quand les systèmes d’assainissement et d’hygiène ne fonctionnent plus. 

De plus, l’UNICEF apporte son appui à quelque 16 000 agents de mobilisation communautaire, qui font du porte-à-porte pour sensibiliser les familles aux bonnes pratiques : comment se protéger en purifiant et en stockant de l’eau potable, en adoptant une bonne hygiène, en se lavant les mains et en ne contaminant pas les aliments. Ils expliquent également comment prendre soin d’un proche malade.

Média

Une épidémie mortelle de choléra qui s’étend à travers le Yémen

Plus de 300 000 personnes sont affectées par l’épidémie au Yémen. La moitié sont des enfants de moins de 15 ans.

L’intervention d’urgence de l’UNICEF

Récemment, l’UNICEF a acheminé 3 avions cargos avec 36 tonnes de matériel médical et des kits de purification d’eau pour le Yémen.
Retrouvez en images notre intervention d’urgence dans notre album photo sur Facebook.

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