L’excision recule !

Publié le 04 février 2011 | Modifié le 31 mars 2016

Deux districts éthiopiens ont officiellement abandonné les mutilations sexuelles. Une avancée de plus pour les filles et les femmes de cette région du monde où la pratique de l’excision est encore très répandue.

 

« Je ne pense pas que maintenant, après cela, on essaiera de me forcer à me faire exciser… Et si quelqu’un essaie, j’en parlerai à mon professeur ou à un responsable du district ! » réagit Amina, une jeune étudiante. Depuis peu, les deux districts d'Amibara et d'Awash-Fentale de la région d’Afar, dans le nord de l’Éthiopie, ont pris une décision importante : ils se sont engagés publiquement à abandonner la pratique des mutilations sexuelles.

Ces mutilations, qui consistent à enlever totalement ou partiellement les organes génitaux externes ou à leur infliger d’autres lésions pour des raisons autres que thérapeutiques (sexuelle, sociale...) sont surtout pratiquées sur les filles de 4 à 14ans. Elles comportent des risques immédiats et graves qui peuvent entraîner le décès, mais aussi des complications à plus long terme (infections, incontinences…) avec des conséquences en termes d'abandon scolaire, des risques à l’accouchement pouvant entraîner la mort de la mère et de l’enfant, ainsi que des séquelles psychologiques à vie.

Le rôle des leaders traditionnels

 

Pour toutes ces raisons, et parce que chaque enfant a le droit à son intégrité physique, l’Unicef et le Fonds des Nations unies pour la Population ont conçu en 2008 un programme pour appuyer les efforts entrepris depuis 10 ans dans les districts d'Amibara et d'Awash-Fentale pour mettre fin à ces pratiques. La déclaration officielle d’abandon de l’excision par ces deux districts marque le point culminant de cette initiative.

L'influence des leaders religieux et des chefs traditionnels de clans, de l’administration et des anciennes exciseuses a permis d'obtenir une baisse considérable du nombre de cas de mutilations sexuelles dans les deux districts. Pendant la cérémonie d'abandon dans le district d'Amibara, plusieurs anciennes exciseuses ont annoncé publiquement à la communauté qu'elles ne pratiqueraient plus leur ancienne profession.

 

Un tabou qui tombe

 

Lors d'une cérémonie similaire dans le district d'Awash-Fentale, un groupe de filles a déclaré qu'elles étaient fières de ne pas être excisées. « C'est un véritable succès de voir tant de filles ici qui sont fières de ne pas être excisées. Il y a quelques années, ce sujet était encore tabou », a noté Asiya Oumer, la représentante de la Fédération de la Jeunesse Afar.

La prise de position de ces deux districts pourrait en amener d’autres : l’administrateur d'un district voisin a promis de marcher sur leurs traces et a annoncé l'abandon des mutilations sexuelles dans son district dans un avenir proche.

 

Pensez-y, vous pouvez aider l'action de l'Unicef contre les mutilations génitales féminines en faisant un don.

Comment lutter pour l’abandon de l’excision ?

Combattre l’excision est très complexe en raison du profond enracinement de cette pratique dans la  communauté ; la remettre en cause est délicat, cela demande du temps et du tact.

Les interdictions à elles seules ne peuvent pas provoquer de changement de mentalité, l’objectif est donc de parvenir à l’abandon de la pratique par conviction. Il s’agit ni plus ni moins d’un changement de société.

Il faut expliquer et informer à tous les niveaux, permettre aux gens de prendre conscience de leurs droits et d’avoir en particulier la certitude que leur fille ne sera pas stigmatisée si elle n’est pas excisée.

 

En savoir plus

Notre dossier sur les mutilations sexuelles

Interview : "Excision : informer les communautés pour les aider à mieux décider"

Le site de l'ONG Tostan France qui lutte pour l'abandon des mutilations sexuelles

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