L’hiver, une nouvelle menace pour les enfants syriens réfugiés

Publié le 17 octobre 2012 | Modifié le 19 septembre 2018

Dans le camp de réfugiés de Za’atari, en Jordanie, l’été et ses vents brûlants ont laissé place à la pluie et au froid. L’hiver arrive à grand pas, et avec lui son lot de menaces pour les enfants… Un nouveau défi à relever pour l’UNICEF, qui a besoin de votre soutien pour leur fournir vêtements chauds, chauffage, soutien nutritionnel, vitamines, vaccins, etc.

Les tempêtes de sable balaient toujours le camp de réfugiés de Za’atari, situé dans une zone désertique de Jordanie, à la frontière avec la Syrie. Mais les vents ne sont plus brûlants, le soleil ne pèse plus comme une chape de plomb sur les tentes de toile. L’hiver approche et bientôt, la neige pourrait tout recouvrir…
 

« Je n’ai pas de quoi habiller mon bébé, ni d’eau chaude pour le laver… » explique une maman qui vient tout juste d’accoucher. Installée dans le camp depuis dix jours avec ses cinq autres enfants et son mari, elle confie sa tristesse, ses inquiétudes. Comme pour conjurer le sort, elle a donné à son enfant le nom d’« Espoir ».
 

 

Quand l’école redonne le sourire aux enfants
 

 

Ces milliers de familles ont tout quitté du jour au lendemain. La plupart avaient un bon niveau de vie, une maison, un travail… Elles doivent désormais vivre dans ce camp, au jour le jour, sans espoir de retourner rapidement chez elles.

Mais depuis deux semaines, quelque chose a changé dans le camp. Il n’est plus rare de croiser un sourire d’enfant. Une école de 28 classes, du CP à la terminale, a vu le jour pour accueillir 2500 élèves. Leïla, 10 ans, n’était pas allée en cours depuis 4 mois. Devant toute la classe, émue mais prenant son courage à deux mains, elle raconte comment elle est arrivée à Za’atari : « On était sortis avec ma famille, et quand on est rentrés, la maison n’était plus là : des bombardements l’avaient détruite… On s’est enfuis et on est venus ici. Je suis tellement contente de pouvoir revenir à l’école. Quand je serai grande, je voudrais être professeur d’arabe et aider ma famille ».

Cet espoir et ces sourires, les enfants les ramènent « à la maison » après l’école. Une autre source de chaleur dont les parents, inquiets pour l’avenir de leurs enfants, ont bien besoin pour trouver la force de continuer et tout faire pour leur offrir une « vie normale » malgré tout.
 

 

Se préparer à affronter l’hiver
 

La plus grande inquiétude des parents aujourd’hui, c’est l’arrivée de l’hiver. « Les familles ont débarqué avec le minimum, les enfants n’ont que ce qu’ils portaient sur eux au moment où ils ont fui. La plupart n’ont pas de chaussures ni de vêtements chauds » explique Dominique Hyde, Représentante de l’UNICEF en Jordanie.
 

Le défi des jours et des semaines à venir pour l’UNICEF et ses partenaires : trouver des tentes plus imperméables au froid - voire construire des maisons préfabriquées -, installer du chauffage, mettre à disposition de l’eau chaude pour les douches et les lessives ainsi que des systèmes pour pouvoir cuisiner des repas chauds, vacciner les enfants contre les maladies évitables, fournir des vêtements chauds, des chaussures, des couches pour les bébés, etc.
 

Avec l’hiver, en Jordanie, viennent également les fortes averses, qui peuvent provoquer des glissements de terrain et menacer les tentes ; il faudra donc installer un système de drainage. L’école également devra être adaptée : « Il faudra rapidement remplacer les tentes par des classes en préfabriqué équipées de chauffage, et mettre en place une cantine afin que les enfants puissent avoir un repas chaud le midi et ainsi apprendre dans les meilleures conditions possibles » poursuit Dominique Hyde.
 

 

Une urgence qui va durer
 

Entre août et début septembre, 2000 à 4000 personnes par jour traversaient la frontière pour se réfugier en Jordanie. Depuis, le chiffre est tombé à 500 voire 300 par jour. Un apaisement de la crise ? « Tout le contraire, explique Dominique Hyde . La situation côté syrien est de plus en plus critique, il est devenu très difficile pour les familles de partir et venir se réfugier en Jordanie. »
 

La Représentante de l’UNICEF l’affirme : toutes ces familles voudraient rentrer chez elles, au plus vite. « Mais aujourd’hui, on ne voit pas de solution rapide. On doit se préparer comme si l’urgence allait durer, s’assurer que ces familles puissent vivre avec dignité dans ce camp le temps qu’il le faudra. »
 

En savoir plus

La situation en chiffres

En Jordanie…
-105 000 Syriens enregistrés comme réfugiés ou attendent de l’être (UNHCR)
-220 000 réfugiés syriens au total (estimation gouvernement)
-38 000 personnes arrivées dans le camp de Za’atari depuis son ouverture
-2500 enfants vont à l’école dans le camp de Za’atari

Besoin de vous !
Aujourd’hui, l’UNICEF a encore besoin de plus de 70 millions d’euros au total pour venir en aide à toute la population affectée par la crise syrienne, dont 20 millions pour les familles réfugiées en Jordanie.
 

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