L’OMS et l’UNICEF s’attaquent au manque criant de médicaments destinés aux enfants

Publié le 25 janvier 2009 | Modifié le 06 juillet 2015

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a reçu une subvention d’un montant de 9,7 millions $ de la Fondation Bill et Melinda Gates pour collaborer avec l’UNICEF et mener des études sur les médicaments destinés aux enfants, avec pour objectif d’accroître le nombre de médicaments à usage pédiatrique, c’est-à-dire conçus et formulés spécifiquement pour les enfants.

L’OMS a reçu une subvention d’un montant de 9,7 millions $ de la Fondation Bill et Melinda Gates pour collaborer avec l’UNICEF et mener des études sur les médicaments destinés aux enfants.

Actuellement, de nombreux médicaments n’ont été conçus que pour les adultes. Dans plus de 50 % des cas, les médicaments prescrits aux enfants soit n’ont pas été mis au point spécifiquement pour eux, soit n’ont pas une efficacité et une innocuité avérées dans cette utilisation. Il en résulte que de nombreux enfants n’ont pas accès aux traitements par manque de médicaments dosés ou formulés pour eux, ou parce que les médicaments qui existent ne sont pas disponibles ou sont trop chers.

« Il faut arrêter de tâtonner dans le domaine des médicaments pour enfants, estime Carissa Etienne, Sous-Directeur général à l’OMS. Les enfants souffrent et meurent de maladies que nous pouvons traiter et pourtant, nous ne disposons pas des données factuelles essentielles pour délivrer des médicaments adaptés, efficaces et abordables qui pourraient les sauver ».

Faire des tests corrects, fournir des doses adaptées

Le personnel de santé et les parents ont souvent recours au fractionnement des comprimés pour adultes. Il leur arrive aussi d’écraser les comprimés ou de dissoudre des fractions de gélules dans l’eau.

Un autre défi reste à relever : « On a fait quelques progrès dans le domaine des médicaments pour enfants, mais encore trop de médicaments leur sont administrés sans avoir été correctement testés pour eux », explique le Dr Hans Hogerzeil, Directeur à l’OMS de Médicaments essentiels et politiques pharmaceutiques.

La subvention apporte un appui à des travaux de recherche pour :

  • déterminer les présentations optimales des médicaments à usage pédiatrique ;
  • élaborer des guides posologiques ;
  • mettre au point des directives pour les essais des médicaments, le traitement et l’utilisation chez les enfants, y compris des directives sur les essais cliniques chez l’enfant.

La subvention de la Fondation Bill et Melinda Gates va accélérer les travaux de recherche et développer les liens avec les partenaires, dont l’industrie, sur ce dont les enfants ont besoin. Cette étape fait suite à l’initiative "Pour des médicaments au format enfant", dirigée par l’OMS et lancée en 2007, qui s’attache à améliorer l’accès à de meilleurs médicaments pour les enfants. Le sujet des médicaments destinés aux enfants figure aussi à l’ordre du jour de la session de janvier 2009 du Conseil exécutif de l’OMS.

Vidéo : VIH/sida, des traitements pour les enfants du Lesotho

En savoir plus

La diarrhée et la pneumonie, exemples significatifs

Dans le monde, 1 000 enfants de moins de 5 ans meurent toutes les heures. Les maladies diarrhéiques sont responsables de 17% de ces décès. Le traitement optimal consiste à administrer du zinc et des sels de réhydratation orale. Pourtant, une étude récente dans les établissements de santé a montré que, de tous les médicaments pédiatriques, le zinc était le moins disponible. Et lorsqu’il y en a, il n’est pas homologué pour le traitement des diarrhées. Il revient alors aux pharmaciens de préparer les doses appropriées alors que le zinc a mauvais goût et qu’il est difficile à administrer. Pour réduire la mortalité dans ce domaine, il faut des formes pharmaceutiques faciles à utiliser, agréables au goût et adaptées.

Avec 17 % des décès, la pneumonie fait aussi partie des causes majeures de mortalité chez les moins de 5 ans. Pour être traitée efficacement, il faut administrer à l’enfant 50 mg d’amoxicilline par kilo et par jour pendant trois à cinq jours. Un meilleur conditionnement permettrait de garantir la bonne prise du médicament.

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