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Le 30 juin 2022, une agent de santé communautaire effectue un test de détection du paludisme lors d'une visite familiale, à Bertoua, dans l'est du Cameroun. ©UNICEF/UN0668446/Dejongh
Le 30 juin 2022, une agent de santé communautaire effectue un test de détection du paludisme lors d'une visite familiale, à Bertoua, dans l'est du Cameroun. ©UNICEF/UN0668446/Dejongh

L’UNICEF assure l’approvisionnement de millions de doses supplémentaires du vaccin contre le paludisme

Le paludisme étant l’une des principales causes de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans, le premier vaccin au monde contre ce parasite constitue une avancée majeure pour la santé infantile.

New York/Copenhague, le 16 août 2022 – L’UNICEF a confié à GSK le contrat d’approvisionnement du tout premier vaccin contre le paludisme, pour un montant estimé à 170 millions de dollars. Grâce à ce contrat historique, 18 millions de doses de RTS,S/AS01 (RTS,S) seront mises à disposition ces trois prochaines années, ce qui permettra de sauver des milliers de vies chaque année.

En 2020, près d’un demi-million d’enfants sont morts du paludisme rien qu’en Afrique, ce qui représente un décès infantile par minute.

« Ce déploiement du vaccin contre le paludisme envoie un message clair à ses fabricants : ils doivent poursuivre leur travail car les vaccins contre le paludisme sont nécessaires et recherchés », a déclaré Etleva Kadilli, directrice de la Division des approvisionnements de l’UNICEF. « Nous espérons que ce n’est que le début. Il faut continuer à travailler au développement de vaccins innovants et de nouvelle génération afin d’augmenter l’offre disponible et de permettre un marché des vaccins plus stable. C’est un pas de géant dans nos efforts collectifs pour sauver la vie des enfants et réduire le poids du paludisme dans le cadre de programmes plus larges de prévention et de contrôle de cette maladie. »

La priorité donnée aux pays les plus exposés

Selon les données de l’OMS, plus de 30 pays présentent des zones de transmission modérée à élevée du paludisme. Dans ces pays, le vaccin pourrait offrir une protection supplémentaire contre la maladie à plus de 25 millions d’enfants chaque année, une fois que l’approvisionnement aura été étendu.

Le vaccin antipaludique RTS,S est le résultat de 35 années de recherche et de développement et constitue le tout premier vaccin contre une maladie parasitaire. Le vaccin agit contre Plasmodium falciparum, le parasite du paludisme le plus mortel au niveau mondial et le plus répandu en Afrique.

En 2019, une utilisation pilote systématique du vaccin a été lancée dans trois pays – Ghana, Kenya et Malawi – dans le cadre du programme de mise en œuvre du vaccin antipaludique coordonné par l’OMS. L’expérience et les preuves générées par les projets pilotes ont éclairé la recommandation de l’OMS, émise en octobre 2021, d’une utilisation généralisée du premier vaccin antipaludique dans les pays où la transmission du paludisme à P. falciparum est modérée à élevée. Peu après, en décembre 2021, la décision de Gavi, l’Alliance du Vaccin, de financer les programmes de vaccination antipaludique dans les pays éligibles a ouvert la voie à un déploiement plus large du vaccin.

« Nous avons récemment ouvert la première plage de dépôt des demandes de soutien de Gavi pour le déploiement du vaccin contre le paludisme », a déclaré le Dr Seth Berkley, PDG de Gavi, l’Alliance pour les vaccins. « Grâce au travail d’approvisionnement de l’UNICEF, nous avons maintenant plus de certitude sur l’approvisionnement et nous pouvons faire un pas de plus vers la livraison de ce vaccin salvateur aux personnes qui en ont le plus besoin. Avec le temps, nous espérons monter en puissance dans la fabrication de ce vaccin et ainsi augmenter les volumes produits, ce qui permettrait d’obtenir des prix plus viables, plus bas. »

« Chaque jour, des vies sont en jeu. L’OMS se félicite des progrès réalisés pour garantir l’approvisionnement et l’accès au vaccin en temps voulu afin que davantage de pays puissent commencer à introduire cet outil supplémentaire de prévention du paludisme le plus rapidement possible », a déclaré le Dr Kate O’Brien, directrice à l’OMS du département Vaccination, vaccins et produits biologiques. « Compte tenu de l’offre initiale limitée, il est crucial que les enfants vivant dans les zones où le risque de maladie et les besoins sont les plus élevés soient prioritaires. »

Cette récompense est l’aboutissement de 18 mois de préparatifs intensifs et de consultations avec l’industrie et les partenaires. En tant que principal acheteur de vaccins dans le monde, l’UNICEF a accéléré la conclusion des négociations d’achat, afin de s’assurer qu’il n’y ait pas de retard dans l’approvisionnement en vaccins contre le paludisme pour aider à protéger les enfants vulnérables.

S’appuyer sur les partenariats et les transferts de technologies pour accélérer l’accès à ce vaccin

La demande de vaccin antipaludéen devrait être élevée dans les pays touchés. Comme pour tout nouveau vaccin, l’offre sera limitée au début et augmentera au fil du temps, à mesure que la capacité de production atteindra le niveau requis. À mesure que les volumes augmentent, les coûts par dose devraient diminuer. Des plans sont déjà en cours pour stimuler la production, notamment par le biais du transfert de technologie, afin que chaque enfant à risque ait un jour la possibilité d’être vacciné contre cette maladie mortelle.

« Nous ne devons pas perdre de vue la nécessité d’accélérer l’accès à ce vaccin ainsi qu’aux futurs vaccins antipaludiques, et de réaliser les investissements nécessaires dans la lutte contre cette maladie et pour les services d’immunisation, ainsi que dans la recherche et le développement », a déclaré le Dr Ashley Birkett, responsable mondial des vaccins antipaludiques et des produits biologiques à PATH. « Des programmes efficaces de vaccination et de lutte contre le paludisme sont à la fois essentiels à la réussite de l’approvisionnement du vaccin antipaludique et contribuent à renforcer les systèmes de santé dans leur ensemble. »

L’UNICEF soutient la diversification régionale de la production de vaccins et encourage GSK et les autres fabricants de vaccins à envisager de s’associer à des entreprises en Afrique dans le cadre de cet effort.