La commission plaidoyer au Cameroun

Publié le 22 novembre 2005 | Modifié le 31 mars 2016

Retour du voyage de la commissison plaidoyer au Cameroun en octobre 2005 : Bruno Ricatto, vice-président de l'UNICEF France et président de la commission plaidoyer témoigne à chaud au cours d'une interview téléphonique.

Première impression : nous avons d’une manière extrêmement concrète pris la mesure du travail du bureau de terrain du Cameroun, mais également la mesure du dialogue avec les partenaires et avec les jeunes. C’est donc à tous points de vue un voyage totalement réussi.
J’ai retenu trois aspects majeurs du travail de l’UNICEF sur le terrain :

L’importance de l’action des jeunes vis à vis des autres jeunes :
le premier jour, nous avons été accueillis par un groupe de jeunes qui travaillent sur la mise en place d’espaces de dialogue, ce sont des « pairs éducateurs », formés par l’UNICEF et des ONG locales.
Pour donner une visibilité à ces pairs éducateurs l’UNICEF les a doté de bicyclettes, ce qui leur permet de faire des actions spectaculaires, comme d’investir un endroit et d’entamer un chant de prévention contre le VIH-SIDA « SIDA tu ne passeras plus par les jeunes, ensemble donnons nous la main, nous sommes l’avenir de demain ». Sont constitués localement des centres d’information, d’éducation et d’écoute. Prison centrale de Bertoua : 27 jeunes sont incarcérés dans cette prison pour adultes. Sous le préau, les jeunes, accompagnés par les intervenants de terrain, nous délivrent leur message sur la nourriture, l’hygiène, leur besoin d’être soutenu.
Des sketches improvisés par des jeunes qui sont d’authentiques animateurs aident à délivrer des messages : « le SIDA c’est mortel RV dimanche au club de santé ».
N’Gaoundéré (province d’Adamaoua) : seul le 4x4 permet d’assurer la liaison, un spectacle à la chefferie Mboum (groupe ethnique), une saynète d’environ une demi-heure,
nous offre la représentation physique du SIDA capturé.

Le programme de coopération entre le gouvernement et l’UNICEF Cameroun :
actions dites de convergence par lesquelles il s’agit de mobiliser tous les responsables de la réalisation des droits de l’enfant, et qui se traduisent par des actions extrêmement concrètes qui ont pour cible et pour acteurs les enfants, les parents, la famille, la communauté et les services et l’Etat Par exemple, lorsqu’un enfant n’est pas enregistré à la naissance il ne l’est jamais (il ne peut pas passer examen d’entrée en 6e) : une ONG locale, ADAM’S travaille avec le président du tribunal pour enregistrer des listes d’enfants.
Un enfant né à l’hôpital sera ainsi enregistré et vacciné, et suivi d’un point de vue médical et scolaire.

La qualité des interlocuteurs rencontrés : préfet ou représentant, communautés avec les chefs traditionnels, directeurs d’école, médecins de district…
Dans son action, l’UNICEF sur le terrain prend bien en charge et en compte l’enfant dans sa totalité », il n’y a pas de « saucissonnage » de l’enfant. Nous avons eu la chance de nous entretenir avec le Sultan de Foumban, des religieux, des responsables de communautés, d’un orphelinat , dans une variété de contextes qui nous a permis d’appréhender la complexité des problèmes rencontrés par l’UNICEF sur le terrain (mères dans le cadre des actions de convergence, père de famille de 6 enfants et ayant adopté les 2 enfants de son collègue décédé, etc.).
Ce voyage a été pour nous riche en découvertes humaines, nous avons parcouru 3 000 km au Cameroun en une semaine dont 1 000 km de pistes. S’il le fallait, cela a consolidé nos convictions.

 

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