La Corne de l'Afrique, au bord de la famine

Publié le 09 avril 2006 | Modifié le 31 mars 2017

Les secours se font de plus en plus nécessaires dans plusieurs zones de la Corne de l’Afrique, où plus de 15 millions de personnes, dont 2,7 millions d’enfants de moins de 5 ans, sont touchés par la pire sécheresse qu’ait connue la région depuis des dizaines d’années. Les secours seront d’autant plus indispensables à la survie des enfants si les pluies ne sont toujours pas au rendez-vous ce mois-ci, et ce à Djibouti, en Erythrée, en Ethiopie, au Kenya et en Somalie.

La sécheresse s’est aggravée. L’absence de pluies depuis deux ans détruit les récoltes et les pâturages. Les dernières ressources en eau s’assèchent. Les communautés de bergers sont les plus affectées par le manque d’eau. Elles se déplacent à travers la région en raison des besoins du bétail qui constitue leur principale source de revenu.

En Somalie, où 25% de la population souffre de la sécheresse, le représentant de l’Unicef, Christian Balslev-Oelsen, indique que la situation ne semble pas s’arranger à mesure que la saison des pluies s’allonge : « Les pluies auraient dû revenir au mois d’avril. Mais les prévisions annoncent qu’elles seront au-dessous de la moyenne. Cela signifie qu’il sera difficile de survivre en Somalie. Les enfants sont complètement dépendants de ce que nous pouvons leur fournir : nourriture, eau, soins de santé ».

La directrice adjointe des urgences de l’Unicef, Afshan Khan, reconnaît que ce manque de pluie prolongé va accentuer la crise : « La Corne de l’Afrique est réellement face au risque d’une famine si l’absence de pluies se confirme. Cela signifie entre 10 et 12 000 morts par mois, dont la moitié parmi les moins de 18 ans ».

Selon Mme Khan, le travail des secours dans la Corne de l’Afrique doit se focaliser sur trois domaines : « Le premier porte sur l’eau et l’assainissement. Nous réhabilitons des forages et nous envoyons plusieurs camions citernes. Nous fournissions également des moyens de purification, car beaucoup de points d’eau ont été contaminés par des cadavres d’animaux. En deuxième vient la nutrition. On observe aujourd’hui des taux de malnutrition dépassant les 30% et il y a un risque réel de voir augmenter le nombre de décès d’enfants. Le Programme Alimentaire Mondial fournit des suppléments alimentaires, et l’Unicef apportera son appui en particulier pour les enfants très mal nourris. Troisièmement, nous devons prévenir tout risque d’épidémie. Quand les enfants souffrent de malnutrition, ils présentent le risque de périr de maladies qui en d’autres circonstances ne les menaceraient pas de mort – rougeole et choléra. Une campagne de vaccination contre la rougeole est donc conduite à travers la Corne de l’Afrique avec le soutien de l’Organisation mondiale de la santé et des ONG. Cette campagne sera l’occasion de renforcer le système immunitaire des enfants par une distribution de vitamine A ».

Pour mener à bien ces actions, la collecte de fonds ne doit pas faiblir. L’Unicef et ses partenaires (notamment des agences onusiennes et les ONG) doivent tenir leurs programmes d’urgence pour répondre aux besoins d’une population habitant l’une des régions les plus vulnérables au monde.

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