La crise économique frappe le bien-être des enfants dans les pays riches

Publié le 28 octobre 2014 | Modifié le 15 janvier 2016

Le nouveau rapport de l'UNICEF « Les enfants de la récession » montre que 2,6 millions d'enfants ont plongé sous le seuil de pauvreté dans les pays les plus riches du monde depuis 2008, portant l’estimation totale à 76,5 millions d’enfants. En France, ils sont 440 000 enfants pauvres supplémentaires.

Le centre de recherche Innocenti de l’UNICEF publie le rapport « Les enfants de la récession », qui classe 41 pays de l'OCDE et de l'Union européenne selon l’évolution du taux de pauvreté des enfants entre 2008 et 2012. Cette étude comparative souligne la proportion grandissante des 15-24 ans socialement disqualifiés, qui ne sont ni dans le système éducatif, ni en situation d'emploi ou de formation.

Quel est le constat général de la situation ?

5 ans après le début de la crise financière et économique mondiale, la situation des enfants vulnérables dans l'ensemble de l’Union Européenne et de l’OCDE s’est dégradée de manière significative. Depuis 2008, 2,6 millions d’enfants de plus ont été plongés dans la pauvreté, ce qui porte l’estimation du nombre total d'enfants vivant dans la pauvreté à 76,5 millions.
  
Dans plus de la moitié des pays étudiés, plus d’un enfant sur 5 vit en situation de pauvreté.

Quelle est la situation de la France ?

Dans le classement concernant l’évolution de la pauvreté des enfants, la France se situe en 30e position des 41 pays étudiés, avec une augmentation du taux de pauvreté des enfants de 3 points (de 15,6 % à 18,6 %) entre 2008 et de 2012, ce qui correspond à une augmentation nette d’environ 440 000 enfants pauvres.

 

Quelles sont les principales constatations ?  

Le rapport de l'UNICEF met en avant un certain nombre de constatations importantes notamment :

 

 

  • Dans 23 pays, la pauvreté des enfants a augmenté depuis 2008, avec de grandes variations selon les pays (de 0,5 point en Israël jusqu’à 20,4 points en Islande).
     
  • Les 5 pays les plus mal classés dans le tableau mesurant l’évolution de la pauvreté des enfants (ceux qui ont connu la détérioration la plus forte, de 10 à 20 points – ce qui représente une augmentation jusqu’à plus de 50 %) sont : l’Irlande (10,60 points d’augmentation), la Croatie (11,80), la Lettonie (14,60), la Grèce (17,50) et l’Islande (20,40).
     
  • Deux tiers des pays européens étudiés ont connu une aggravation du dénuement matériel sévère après 2008. La Grèce fait partie des pays ayant connu les plus fortes augmentations absolues, avec un taux dénuement matériel sévère des enfants qui a doublé. Dans les pays les plus touchés, la proportion d’enfants gravement défavorisés a quasiment doublé en quatre ans.
     
  • La récession a particulièrement frappé les 15-24 ans, avec une augmentation d’un million du nombre de jeunes ne suivant ni études, ni formation et ne travaillant pas. Cette hausse est considérable et porte, en 2013, le nombre de ces jeunes à environ 7,5 millions dans l'Union européenne, soit presque l'équivalent de la population de la Suisse.
     
  • La France se situe au 12e rang sur les 41 pays étudiés avec 11,2 % des 15-24 ans qui n’étaient pas scolarisés, n’avaient pas de travail ou ne suivaient pas de formation en 2013.
     
  • Dans 28 des 31 pays étudiés, le taux de pauvreté des jeunes a augmenté plus rapidement (ou diminué plus lentement) que celui des personnes âgées.
     
  • En France, alors que la pauvreté des enfants a augmenté de 3 points entre 2008 et 2012, la pauvreté chez les personnes âgées a diminué de 2,9 points et le chômage des jeunes a augmenté de cinq points depuis 2008, avec 23,9 % des 15-24 ans demandeurs d'emploi en 2013.

 

Quelles solutions pour améliorer la situation ?

Le Centre de recherche Innocenti de l'UNICEF montre que la force des politiques de protection sociale est un facteur déterminant dans la prévention de la pauvreté. Tous les pays doivent être en mesure de maintenir de solides filets de sécurité sociale pour protéger les enfants. Les pays riches doivent donner l'exemple, en s'engageant explicitement à éliminer la pauvreté des enfants, à élaborer des politiques ciblées pour compenser les ralentissements économiques, et à faire du bien-être des enfants une priorité absolue.

Quelles sont les conclusions du rapport ?

Les conclusions du rapport soulignent que les enfants sont les grands oubliés des débats autour de la crise économique et financière débutée en 2008, mais aussi le peu de connaissance de nos sociétés concernant la pauvreté des enfants et ses conséquences sur la vie quotidienne et l’avenir des jeunes.
Les États ont la possibilité de faire évoluer leurs politiques publiques afin de réduire l’impact de la récession sur les conditions de vies des enfants et adolescents ; sans ces mesures spécifiques et ciblées, dans un certain nombre de pays, une génération entière pourrait être sacrifiée.
 
Pour en savoir plus :
Consultez le rapport « Les enfants de la récession » (PDF)
Toute la documentation du Centre de recherche Innocenti de l'UNICEF